Louis-Dreyfus - OM - Diouf : le divorce !!!

La décision paraissait inéluctable depuis plusieurs jours. Depuis que Diouf ne s’était pas rendu au conseil de surveillance dirigé par Vincent Labrune, à Paris la semaine passée. Depuis que Diouf avait déclaré être « le seul patron de l’OM », dans l’Equipe Magazine, il y a quinze jours. Depuis quand exactement la fin de l’histoire d’amour entre Marseille et son président, Pape Diouf, s’est-elle amorcée ? Deux jours, trois semaines, quelques mois, un an… Cela dépend de quand on commence à compter, finalement.

Après une ultime rencontre entre l’actionnaire majoritaire Robert Louis-Dreyfus et Diouf, hier à Zurich, le premier a fait savoir via un communiqué laconique qu’après cinq années de Présidence, "Pape Diouf va quitter ses fonctions. Je tiens à féliciter Pape pour le travail accompli au sein du club, qu’il a hissé au sommet du championnat, ajouté à une gestion saine". Tout en se justifiant par « des divergences qui sont apparues », racines du clash.

Cela fait une semaine qu’en coulisses, chacun donne son avis : Acaries disait dans L’Equipe d’hier qu’il avait laissé « les clés de l’OM à RLD en quittant le club, mais il est en train de les reperdre. Il est dans une situation insoluble. Se débarasser d’un bon président ou le conserver, en supportant l’insubordination de Diouf. Mais tôt ou tard, il lui fera payer ses déclarations ». Ce fut donc tôt.

Même souffrant d’une leucémie qui le ronge, Louis-Dreyfus, homme de pouvoir et surdoué des affaires, n’est pas du genre à supporter les crimes de lèse-majesté. Il l’a prouvé une nouvelle fois en sacrifiant Diouf, l’ancien journaliste coupable de s’être trop répandu dans la presse.

Toutefois, il semblerait que l’amour ne s’achète pas. Et bien que RLD ait mis plus de deux cents millions d’euros de sa poche depuis son arrivée au club il y a douze ans, la roue tourne petit à petit pour le patron d’Adidas.

Sur la Canebière, sa popularité est en chute libre. Eric Gerets, coach de Marseille lors des deux dernières saisons, a attribué à Louis-Dreyfus « un large pourcentage de responsabilité dans mon départ ». Le technicien belge n’a jamais pardonné les propos de RLD dans les média en janvier : « s’il ne termine pas dans les deux premiers, il fera ses valises ».

Gerets a sa fierté d’homme, à peu près aussi démesurée que son palmarès long comme le bras. Il a donc décidé de partir malgré un attachement immense qui le lie au peuple marseillais. Malin, également, de rester sur des succès et de quitter le navire avant la saison de trop. On se souvient de Didier Drogba, qui n’a fait qu’une saison à Marseille, certes très réussie, en 2004 et qui reste une idole indéboulonnable dans les cœurs phocéens.

Le public marseillais peut-il rester de marbre face à ce double départ ? RLD vient, en quelques mois, de se séparer des deux hommes qui ont monté au pinacle un OM usr la voie de la rédemption.

Bien entendu, l’arrivée de Didier Deschamps, l’homme qui a brandi la Ligue des Champions en 1993, a de quoi calmer les fans. Mais pour combien de temps ?

Le maire lui-même y est allé de sa petite phrase, pas plus tard que ce matin. Jean-Claude Gaudin a fustigé, pour la toute première fois depuis une décennie, « l’attitude très incorrecte de Louis-Dreyfus. Je suis extrêmement surpris de l’annonce du départ de Diouf. Je n’avais pas été averti. A ce manque de courtoisie vient s’ajouter une décision arbitraire et complètement incompréhensible. Diouf a su faire preuve d’un grand professionnalisme depuis cinq ans en conduisant Marseille vers la tête du championnat de France. »

Peut-on comparer la situation de Diouf avec celle de Charles Villeneuve, dont certains prétendent qu’il est parti pour préparer activement un putsh au PSG. Reverra t-on un jour Diouf à la tête du club ? Cette question reste sans réponse pour le moment.

Mais ce qui est certain c’est qu’à force de lourder ses hommes forts, charismatiques, sans pour autant avoir rapporté un seul petit trophée à l’OM depuis mai 1993, soit seize ans déjà, Robert Louis-Dreyfus risque fort de lasser les exigeants supporters qui pour l’instant rivalisent de patience.

Qui sait si ce ne sont pas les jours de RLD à Marseille qui sont comptés… 

Cédric DROUET

 

Anigo, Louis-Dreyfus, Diouf et Acaries soudés. C'était déjà dans une autre vie... (Photo Paris Match)

Commentaires (2)

1. cedric Drouet, wbm d'EGF 05/07/2009

je suis desolé c est pas dans ce sens la que j ai ecrit la derniere phrase...

2. Miss SportDep 19/06/2009

Belle et fine analyse M. Drouet, toujours un plaisir de vous lire !

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