2010, c'est déjà demain !

Une semaine… C’est le temps qu’il reste pour connaître les neuf derniers qualifiés pour le prochain mondial. 23 pays ont déjà obtenu leur précieux sésame (*).

Il reste donc des places dans l’avion. En Europe, les quatre barrages sont les suivants : Portugal - Bosnie, Grèce - Ukraine, Russie - Slovénie et Irlande - France. Deux billets seront délivrés également aux vainqueurs d’Uruguay - Costa-Rica et de Bahrein – Nouvelle-Zélande.

En Afrique, l’Egypte et l’Algérie s’affrontent directement pour un pass supplémentaire. Dans les deux autres groupes, la Tunisie et le Nigéria, mais aussi le Cameroun et le Gabon, se livreront deux duels à distances. L'occasion de se pencher sur les problèmes de sécurité qui ont eu lieu en Egypte hier à l'arrivée du bus algérien. Ce dernier a été pris pour cible et caillaissé par des spectateurs.

Savez vous que le contencieux entre ces deux pays remonte à 1989 ? Déjà en éliminatoires de la coupe du monde. Il s'agissait du Mondial italien de 1990.  Durant tout le match aller Madjer (le héros de Porto en 1987) et Belloumi (le héros de 1982 contre la RFA) avaient profité de la conciliance de l'arbitre pour jouer à la limite du raisonnable. Le match retour au Caire s'avéra décisif. Les Pharaons s'imposèrent 1-0 face aux Fennecs. Après le match des émeutes eurent lieu dans le stade, le médecin de l'équipe égyptienne portant plainte contre Belloumi pour coups et blessure.

Quelques mois plus tard, lors de la CAN 1990 organisée en Algérie, l'Egypte envoya une équipe bis par crainte des représailles. Elle termina la compétition avec 0 points, battue 2-0 par le rival honni. En 2001, enfin, à Annaba, l'Algérie élimina l'Egypte du mondial du mondial en Corée. Il y eut encore des affrontements.

Hier, lors des incidents, l'Algérien Yahia a déclaré : "On a peur de jouer, tu en viens à craindre pour ta vie". Encore un joueur qui parle sans mesurer la portée de ses propos. C'est un peu exagéré. Une fois, à Nîmes, plus jeune, j'avais fait le déplacement avec les supporters de Montpellier. A la sortie du stade des Costières, les Nîmois avaient balancé un peu de tout sur nos bus. Des vitres avaient été brisées, et un Montpelliérain avait été légèrement blessé. A aucun moment nous n'avions craint pour nos vies. C'est toujours la même histoire, la surenchère médiatique que prennent ces événements dans une rencontre observée à la loupe, comme un OM-PSG.

Sérieusement, je crois déjà pouvoir affirmé avoir lu plus d'articles concernant ces jets de cailloux en une journée que tous ceux qui avaient été écrits pour Côte-d'Ivoire - Malawi, en mars dernier. Pourtant le bilan était autrement plus lourd : 19 morts ! Je trouve cela scandaleux. En tout cas, dans ce groupe, il valait vraiment mieux recevoir au match retour...

Le foot, le vrai ! 

Si je me projette sur la compétition je remarque que les derniers vainqueurs ont tous puisé leurs victoires dans des contextes sportifs, politiques ou sociaux assez dramatiques.

 Il y a eu l’Argentine de 1978, écrasée par la junte militaire, et celle de 1986, revancharde après la guerre des Malouines, contre l’Angleterre, quatre ans plus tôt. L’Italie de 1982 et celle de 2006 avaient été secouées par deux scandales sportifs : le Totonero en 1980 (lire notre article) et le Moggiopoli en 2005. L’Allemagne de 1990, fraîchement réunifiée après la chute du Mur de Berlin en 1989, a triomphé dans une liesse patriotique symbolique.

Enfin, deux pays furent matraqués par la presse nationale avant de s’imposer contre toute attente : la France en 1998, d’abord. Jamais Aimé Jacquet n’a pardonné au quotidien L’Equipe les attaques incessantes à son encontre. Puis le Brésil, en 2002 : qualifié in-extremis dans le championnat d’Amsud, malgré une défaite honteuse en Bolivie (1-3), les hommes du sympathique Scolari n’osaient même plus parler aux médias brésiliens avant le mondial asiatique. La résurréction de Ronaldo et le talent de Ronaldinho (en partie) feront le reste.

S’il faut chercher des actes fondateurs dans les plus grands succès de ces trente dernières années, alors trois pays se détachent nettement pour le prochain mondial : si elle se qualifie, la France sera dans la même situation qu’en 1998 : une équipe décriée, un sélectionneur dans les cordes devant une presse « qui aime l’odeur du sang », selon ses propres termes d’il y a un an.

L’Argentine de Diego Maradona ressemble à s’y méprendre au Brésil de 2002 : une humiliation en … Bolivie (1-6 !) et une qualification arrachée dans les derniers instants. Enfin, l’Allemagne, qui fête les 20 ans de la chute du Mur, vit actuellement sur un petit nuage politique. Sa sélection, la Mannschaft, n’a en revanche rien gagné depuis l’Euro-1996 et est assoifée de succès. Comme celle de 1990 qui avait remporté l’Euro-1980 sous les traits de la RFA.

Enfin, la perte récente du gardien Robert Enke, qui s’est suicidé, est un drame qui soudera énormément l’équipe, inconsciemment ou non. Argentine ? Allemagne ? France ? Voici un trio qui pourrait faire parler de lui dans une dizaine de mois. L’Afrique du Sud, c’est déjà demain ! 

Cédric D. 

 

(*) Afrique du Sud, Ghana, Côte-d’Ivoire (Afrique). Corée du Sud, Corée du Nord, Japon, Australie (Océanie-Asie), Brésil, Argentine, Chili, Paraguay (Amérique du Sud), Etats-Unis, Honduras, Mexique (Amérique du Nord et Centre), Pays-bas, Angleterre, Allemagne, Espagne, Italie, Slovaquie, Danemark, Suisse, Serbie (Europe)

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site