Capello refuse le sacrifice de Wayne Bridge

En Angleterre, on appelle cela un "little bridge" ("petit pont"). Avant même l'annonce de la liste des 23 anglais appelés pour affronter l'Egypte (mercredi à Wembley), Wayne Bridge a pris les devants. L'arrière latéral de Manchester City a annoncé hier qu'il renonçait à la sélection à la suite du tristement célèbre "Terrygate". Pour mémoire, les tabloïds avaient dénoncé les ébats de John Terry avec la mannequin française Vanessa Perroncel, ex-femme de Wayne Bridge, avant que leur divorce ne soit prononcé.

"La situation est devenue intenable. J'ai longuement réfléchi sur tout ça lors des dernières semaines", a d'abord proclamé Bridge, avant d'ajouter : "Jouer pour l'Angleterre a été un honneur. Mais ma présence dans l'équipe pourrait amener des conflits. Malheureusement, pour le bien du groupe, et afin d'éviter d'inévitables dissentions, j'ai décidé de ne plus me rendre disponible pour la sélection. J'ai informé les dirigeants et je souhaite le meilleur aux joueurs pour la coupe du Monde." Premier concerné, Fabio Capello, le selectionneur italien du onze anglais, a émis une réserve diplomatique : "J'étais dans l'avion du retour de Milan quand j'ai appris la décision de Wayne. Je respecte son choix. La porte est toujours ouverte..."

Maître Capello, réputé fin statège et brillant meneur d'hommes, avait retiré le brassard de capitaine à John Terry il y a quinze jours, pour l'offrir à Rio Ferdinand. Le but de la manoeuvre : calmer le déferlement médiatique qui touchait les deux joueurs, très amis à l'époque où Bridge évoluait à Chelsea. Le coach transalpin, qui souhaitait les réunir à nouveau sous le maillot national, n'a visiblement pas vu venir la "bombe" avant la réception de l'Egypte :"J'ai été surpris. Mais il y a du temps. Il reste trois mois avant l'annonce définitive de la liste pour l'Afrique du Sud. J'espère toujours que Wayne sera de la partie".

Véritable buzz de l'hiver, outre-Manche, l'affaire Bridge-Terry a donc connu un nouveau rebondissement. Le retrait volontaire, quasiment considéré comme un sacrifice, fait couler beaucoup d'encre. Si la France fourmille d'exemples de joueurs performants en clubs ayant renoncé à évoluer en Bleu (Zidane, Makélé, Thuram...), il faut savoir que l'Angleterre, plus conservatrice, accepte moins facilement l'idée du soldat déserteur.

Plus pragmatique que romantique, le gardien international David James a dédramatisé :"Peu importe qu'il soit là ou pas, on aura les joueurs pour aller loin". Arsène Wenger, le manager d'Arsenal s'est légèrement offusqué : "Légalement, un joueur n'a pas le droit de refuser une sélection. Bridge est dans une position où il pourrait être puni ou suspendu par la Fédération". L'entraineur français a cependant apporté une nuance à ses propos : "Un joueur ne devrait pas décider seul. Maintenant, j'avoue que depuis le départ, les détails de cette affaire ont tendance à m'échapper quelque peu".

En attendant, l'Angleterre, déjà privée de Rio Ferdinand, blessé, va défier le triple champion d'Afrique avec une défense décimée. Il est acquis que Terry et Bridge ne porteront pas ensemble le maillot aux Trois Lions mercredi prochain. Comme quoi les deux anciens compères ne partagent pas toujours tout...

De Londres, Cédric DROUET

Chelsea - Manchester City :                                chaudes retrouvailles !

Le destin s'acharne sur le pauvre Wayne Bridge. Le défenseur mancunien, qui s'est retiré de la sélection pour ne plus avoir à croiser John Terry, le retrouve cet après-midi à la faveur d'une rencontre entre leurs clubs respectifs. Ironie du sort, deux coaches italiens, comme Capello, officieront sur les bancs de touche. Les deux techniciens ont tenu à apaiser l'atmosphère.

 Roberto Mancini (Man. City) s'est voulu optimiste : "Je respecte les décisions de Wayne, et je suis sûr qu'une fois sur le terrain, il apportera tout ce qu'il peut pour City, sans états d'âme". Carlo Ancelotti, le patron du vestiaire de Chelsea, a quant à lui assuré que "John est un professionnel. Je n'ai aucun doute sur lui. Je ne pense pas que les affaires extra-sportives aient une quelconque influence sur son jeu".

Avant de bredouiller dans un anglais mal assuré une involontaire confidence : "je n'ai pas constaté une baisse de performances chez lui récemment". Bridge sera sans doute ravi de l'apprendre...

C. Dr.

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×