Ligues des Champions : qui a gagné le match des clubs France-Italie ?

Une défaite (Lyon, défait par la Fiorentina 1-0), un nul (Marseille à Milan, 1-1), une victoire (Bordeaux face à la Juve, 2-0). Quatre points contre les Italiens, comme à l’aller même si les trois actuels têtes de proue du foot français ont inversé les rôles, aucun n’ayant connu le même sort (Lyon avait gagné 1-0, Marseille perdu 1-2 et Bordeaux décroché le nul à Turin, 1-1). Huit points sur dix-huit possibles, comme le compteur des trois formations italiennes après ces six rencontres.

Ce duel en six actes avait pour but de départager le football hexagonal et celui de son voisin transalpin. Si l’on ne peut affirmer que les deux championnats se valent, les statistiques prouvent au moins que nos meilleurs représentants tiennent la dragée haute à leurs homologues. Un bémol, toutefois. Là où un « big three » (gros 3) à la française est en train de prendre forme,  les Italiens comptent au moins cinq équipes (en ajoutant la Roma et l’Inter) qui fréquentent assidûment le gotha européen.

Il est cependant rassurant de constater que nos locomotives ne nourrissent plus de complexes sur la scène européenne avec un bilan cumulé de trois défaites seulement en quinze matches de poule ! Bordeaux est toujours invaincu et Lyon a chuté hier en étant déjà qualifié. Marseille paiera sans doute ses deux défaites inaugurales. Rappelons pour consolider cette idée de progression que les adversaires de nos trois porte-drapeaux se nommaient Milan AC, Real Madrid, Bayern Munich, Juventus, Fiorentina, ou Liverpool… Soit des dinosaures européens au palmarès long comme le cou d’un diplodocus (plus de 20 Ligues des Champions au total !!!).

La réaction des opposants viendra solidifier les fondations d’un renouveau français à l’échelon continental. Le coach des Reds, Rafael Benitez, a admis que Lyon était « supérieur à Liverpool dans de nombreux domaines » quand Moussa Cissokho, le turinois, a comparé Bordeaux à « une grande équipe qui mérite ses succès. Les Girondins ne sont pas là par hasard, ils ont été plus costauds que nous et avaient battu le Bayern avant nous. Chapeau à eux ! ».

Ailleurs en Europe, Barcelone et le Real Madrid ont galéré pour figurer en tête de leur groupe. Mais ni le Barça à Kiev, ni le Real à Marseille, ne sont à l’abri d’une sortie de route. Ironie du sort, il faudrait une défaite similaire (par plus de deux buts d’écart) pour que Blaugrana et Merengue se fassent sortir de la compétition sur le dernier match. C’est peu plausible mais pas impossible. Annoncés comme des machines qui devaient labourer un à un tous leurs adversaires, les deux conquistadors espagnols ne sont pas les Super-mutants qu’on attendait.

Manchester aurait du perdre deux fois contre Wolfsbourg et Moscou à domicile. Les Mancuniens s’en étaient sortis miraculeusement, comme souvent. Mais les Reds devils, qui tenaient à leur invincibilité à Old Trafford comme à la prunelle des yeux d’Alex Ferguson, ont sombré hier soir contre Besiktas (0-1). Depuis le départ de Cristiano Ronaldo, cette équipe manque d’âme et décline. Le dernier combat des ancêtres Neville, Scholes ou Giggs, qui refusent de rendre les armes au crépuscule d’une carrière immense, a quelque chose de pathétique. Contre les Turcs, les deux derniers n’étaient même pas présents pour épauler une « relève » (Gibson, Macheda, Welbeck, Obertan) pas exactement à la hauteur. Comme si, pour Manchester, il était devenu aussi compliqué de jouer avec les anciennes gloires que sans eux…

Alors, il ne reste guère plus que Chelsea pour entretenir le mythe des cylindrées encore intouchables pour nos Frenchies. Les Blues ne font de cadeaux à personnes. Ils volent en Premier League (cinq points d’avance) comme en LDC, et Porto en a fait les frais hier soir. Anelka a marqué et offert comme à l’aller, comme à Nicosie aussi, une nouvelle victoire 1-0 à ses petits camarades. Le héros de Dublin pèse 9 des 13 points de son équipe, et même un peu plus que ça. Drogba revient fort après sa suspension, et a tenu à le faire savoir par un doublé à l’Atletico Madrid il y a quinze jours (2-2).

Pour la première fois depuis bien longtemps, les clubs hexagonaux peuvent donc sortir de la phase de poule en bombant le torse tout en affichant de réelles ambitions, à condition d’éviter Chelsea le plus longtemps possible. Les Girondins l’ont bien compris, en s’assurant dès hier la première place du groupe. En huitièmes de finale, c’est une certitude, un Bordeaux-Chelsea est désormais impossible. Laurent Blanc avait fortement conseillé ce cas de figure à ses joueurs. Et Lyon, en perdant à Florence, a éliminé Liverpool du tournoi.

Apparemment, ces derniers temps, les Français seraient devenus calculateurs et tricheurs. Ils n’ont définitivement plus rien à envier aux Italiens…

Cédric DROUET

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