Liverpool-Arsenal (4-4) : Arshavin, la véritable histoire

Liverpool déteste les 4-4 et Andreï Arshavin. Le quadruplé du phénomène d'Arsenal, l'an dernier sur le terrain des Reds, dans une certaine indifférence médiatique, confirme pourtant un talent brut révélé par paliers à la face du monde. Une chose est certaine, Arshavin est armé pour ne pas devenir le nouvel Oleg Salenko*.

Car Liverpool n'est pas la seule ville d'Europe à lui réussir : en huitièmes de finales des coupes de l'UEFA 2006 et 2008, Marseille a plié face au meme club, le Zenit Saint-Petrsbourg. Et en quatre parties aucune des défenses axiales Civelli-Déhu-Meité, Beye-Déhu-Meité, Cana-Givet, Faty-Givet n'avait pu alors se dresser sur a route de l'attaquant russe. Quatre charnières centrales, un seul constat : on ne peut pas stopper Arshavin.

Au Vélodrome, Arshavin a marqué les deux buts du Zenit (1-0 et 1-3) et lors des matches retours il avait mis au supplice les Marseillais (1-1 et 2-0), en les éliminant - presque à lui seul - deux fois.

Il a humilié Marseille et mis l'Europe a ses pieds

Avant de quitter le Zenit, l'avant centre avait d'ailleurs pris soin de marquer son territoire en sainte Russie. Depuis la scission du bloc soviétique, seul trois clubs non moscovites (sur dix-septs champions) ont remporté le championnat national russe. Saint-Petersbourg en fait partie et Arshavin en fut la pierre angulaire (10 buts). Le club de l'ex-Petrograd a doublé son pécule national, doté d'un seul sacre en URSS (1984) pour 95 ans d'existence.

 La fable du Petit Andreï 

 Le gamin garde son visage d'éternel ado mais grandit. Et dans son terrain de jeu il se trouve soudain un peu... engoncé. Pour s'éclater sans s'éloigner trop du jardin, Arshavin va se frotter aux enfants des voisins européeens, en UEFA. Il piétine quelques pelouses en 2006, histoire de... mais se fera jeter en quart par les Espagnols du FC Séville, futur vainqueur.

En bon élève, Andreï apprend vite. Deux ans plus tard il récite une à une toutes les leçons.  En 16e, il tape sur Villareal à la récré. Qualifié grâce au but marqué à l'extérieur (1-0, 1-2), le Zenit résiste héroiquement au match retour, en Espagne... à neuf contre onze !

Face à Marseille, le Zenit est archi-dominé à l'aller. Mené 3-0, avant qu'Arshavin ne marque un petit but synonyme d'espoir. Dans son stade, l'équipe russe passe 2-0, encore grâce au but à l'extérieur.  

Examen d'Allemand au menu du second trimestre : Leverkusen à l'oral en quart, Munich à l'écrit en demies. Face au Bayer, Arshavin marque et le Zenit s'impose 1-4... en Allemagne. Face au Bayern, il ne marque pas mais le Zenit s'impose 4-O... en Russie. Deux raclées qui transforme le petit maigrichon du premier rang en caid à succès.

Le bal de promo, en fin d'année, traditionnellement, sert à conclure. En finale les Rangers sont une proie facile, et les Protestants de Glasgow ne joueront pas longtemps les Vierges effarouchées. Les Ecossais succombent 2-O, sans même tenter de résister au cours de la soirée.

Petit clin d'oeil du destin. En phase de poule lors du premier tour, jamais les Russes n'auraient du passer. Exempt lors du dernier match, ils ont regardé à la télévision Everton, déjà qualifié, jouer le jeu en allant battre Alkmaar ! Conséquence, le Zenit passe, aux dépens d'Alkmaar. 

 

L'Euro 2008 comme monnaie d’échange

L'Euro-2008 qui suit est une bénédiction pour le Zenit qui va vendre son joyau à coup sûr. L'occasion de faire grimper les prix. Arshavin, suspendu pour les deux  matches de la Russie, revient face à la Suède dans une partie à quitte ou double. Le récital est magique. Sous la baguette du jeune chef d'orchestre (un but et des actions de rêve), la victoire 2-0 ne souffre d'aucune contestation.

En quart de finale, Arshavin, en mode "prime time", colle un but et une passe décisive à la Hollande lors de la prolongation, punie 1-3. Médiatiquement, le coup est parfait. On s'arrache Arshavin. Les journalistes semblent le découvrir, le grand public, lui fait pas semblant. On s'arrache Andreï, on s'incline, on s'extasie devant tant de talent pur.

L'Espagne, en demi, est trop forte (3-0). Une petite leçon d'humilité pour celui que certains voient déjà prématurément Ballon d'Or (finalement attribué à Cristiano Ronaldo).

La suite de l'histoire ? Il appartient à Arshavin d'en écrire les lignes... Arsenal en club, l'Afrique du Sud, sa coupe du monde, comme objectif en sélection russe. Ou encore sur M6, en candidat vedette d'un programme qui s'intitulerait "A la recherche du nouveau Tsar".

Une question subsiste encore, cependant. Un soir de décembre 2007 dans la froideur du vétuste DSB Stadion d'Alkmaar, Vaughan, à dix minutes de la fin, planta le but du 3-2 pour Everton. En 21 ans et 32 matches, les Néerlandais n'avaient jamais perdu à domicile. Everton, déjà qualifié, pouvait balancer le match. Et si les Anglais l'avaient fait...

 

Qui es-tu, Andreï Arshavin ? 

Cédric DROUET       

 

* Oleg Salenko est le dernier joueur crédité de la note maximale de 10 dans L'Equipe, en coupe du monde 1994. La Russie avait battu le Cameroun 6-1 en poule et Salenko avait marqué 5 buts. Un exploit sans suite pour ce joueur né à Saint-Petersbourg qui acheva une carrière médiocre par un déclin sans fin (Valence (Esp) -> Rangers (Eco) -> Istanbulspor (Tur) -> Cordoba  (Esp) -> Pogon (Pol)
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