Lyon - Real Madrid (1-0) : Benzema a revu Gerland

La LDC a repris ses droits en février, avec des huitièmes de finales tronqués. Le but : étaler la compétition phare de l'UEFA sur plus de dates, et offrir une meilleure exposition médiatique à tous les gros clubs anglais et espagnols. 

Le match


 Sur la première heure de jeu, on se demande comment l'OL ne peut mener que 1-0. Dix tirs contre un seul côté madrilène, une volée de Delgado sur le poteau, une autre de Govou juste à côté... Et ce but lumineux de Makoun qui a eu tout le temps d'armer sa frappe. Pourquoi ? C'est simple, le Camerounais pourra remercier le coach Chilien du Real Madrid, Pellegrini.

A la mi-temps ce dernier décider de tout chambouler en défense. Marcelo sort, Garay rentre en défense centrale. Sergio Ramos passe à gauche, Arbeloa à droite. Sur le but Lisandro Lopez effectue un appel vers le but de Casillas qui déstabilise tous les défenseurs adverses. On ne joue que depuis quelques instants en seconde période, et visiblement les Espagnols n'ont pas encore digéré le nouveau schéma tactique. Personne ne s'occupe de Makoun qui avance, avance, Raul Albiol et Garay, les deux centraux, sont focalisés sur le leurre Lisandro. Makoun tire et trouve la lucarne de Casillas. Avec un peu moins de temps et plus de pression adverse, aurait-il eu la même réussite ?


Après, les Lyonnais ont peu tremblé. Deux fois, en fait : un tir enroulé et contré de Ronaldo et un contre mené par Higuain. A chaque fois, Lloris, impérial, a sorti un arrêt de mutant. 1-0 octroie 58% de chances à Lyon avant le match retour. C'est 16 de plus que Madrid (42%), mais à Santiago-Bernabeu, j'ai peur que ça ne suffise pas. Le Real ne rêve que de cette finale 2010 en mai prochain à domicile. Espérons que l'OL soit prêt à courir.


Le retour de Benzema


Pour Benzema, l'enfant de Lyon, né dans la capitale des Gaules un soir de décembre 1987, c'est toute une vie d'adolescent qui a défilé sous ses yeux au moment de sa rentrée en jeu, à la 64e minute. Issu du modeste club de Bron Terraillon, le gamin d'origine algérienne se fait repérer rapidement par Lyon. « La première fois que je l'ai vu, c'était à la Plaine des Jeux de Gerland », raconte Bernard Lacombe, conseiller de Jean-Michel Aulas, dans France Football. « J'ai téléphoné au président pour lui dire que j'avais vu un gamin de quinze ans phénoménal... Il pensait que c'était pour intégrer l'équipe pro dès le lendemain ».

Celui qui n'est pas encore "benzegol" vénère alors Ronaldo, le Brésilien, le vrai... Pas Zidane. Déjà, Karim Benzema ne jure que par le but. Lancé par Le Guen contre Metz en 2005, le jeune surdoué apprend vite. « Chacun de ses buts m'a rendu heureux. Quand il est parti, j'ai été triste, mais j'ai compris son choix. Au Real, il y a tout », affirme Lacombe.


 Benzema délivre une passe décisive pour le regretté Bryan Bergougnoux (une autre étoile, filante celle-ci) dès sa première rencontre. Contre Rosenborg, l'année suivante, il découvre

 la Ligue des Champions sous les ordres d'un autre mentor, Gérard Houillier. Il claque d'ailleurs un but pour sa première apparition européenne.
Les années OL passent à la vitesse de la lumière. Sous le maillot rhodanien, « KB » jardine les pelouses françaises en semant les buts comme des graines partout sur son passage. Benzema ne connaîtra jamais la seconde place en Ligue 1. Toujours champion, il décrochera même le titre de meilleur buteur en 2008.

« Tout ce que j'ai appris à Lyon, les conseils de Bernard ou de Sonny (Anderson, ndlr), me servent aujourd'hui à Madrid. C'est une joie intérieure de revenir ici, je suis devenu un joueur célèbre grâce à Lyon », déclare aujourd'hui le buteur merengue, pour qui la différence est palpable entre les deux cultures : « A l'extérieur, il y a 80 000 spectateurs qui veulent que leur équipe batte le Real. A Bernabeu, 85 000 spectateurs te poussent tous les week-ends. Quand on va jouer ailleurs, il y a des gens qui nous suivent pendant trois kilomètres à la sortie de l'autoroute. C'est fou. A l'aéroport, ils nous donnent les cartes d'embarquement et après... les gens te touchent, il y a des photographes partout ».

L'entraînement ? « Je viens trente minute avant chaque jour, pour travailler la musculation, et après je reste pour progresser devant le but. La concurrence, elle est avec tout le monde. Tu dois bosser pour être le meilleur, voilà... ». Cristiano Ronaldo ? « Un très grand joueur, comme Kaka, avec qui je m‘entends bien sur le terrain. C'est normal, ces joueurs là peuvent jouer avec tout le monde ». Lacombe acquiesce : « Quand les joueurs arrivent de Nice ou de Lille, à Lyon, ils te parlent de pression. Mais là, j'imagine la pression que Karim doit ressentir. Devoir penser au prochain match, dès le lundi. »

Pour Benzema, l'intégration semble donc plus que réussie. Là où Nicolas Anelka avait été mis en marge du groupe, l'ex-Lyonnais a été adoubé par les piliers du vestiaire madrilène, Casillas, Raul ou Guti. L'exemple le plus probant reste cette victoire à La Corogne (3-1), lorsque Guti se présente seul face au gardien et préfère talonner pour Benzema plutôt que marquer seul. Une inspiration géniale, comme une offrande de bienvenue. De quoi permettre au Français de tourner la page lyonnaise et ouvrir un nouveau chapitre de sa carrière.

L'arbitrage au centre des débats
L'UEFA s'est suicidée en programmant le même soir deux rencontres arbitrées par les deux référés les plus décriés de l'année 2009.

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