Barcelone - Metz (1984) : Kurbos démâte le Barça

Barcelone - FC Metz : 1-4 (aller : 4-2)

But pour Barcelone : Carrasco (33e) ; buts pour Metz : Kurbos (38e, 55e, 85e), Sanchez (csc, 39e),

FC Barcelone : Amador - Sanchez, Migueli, Alexanco, Julio Alberto - Victor, Schuster, Calderer (Clos 62e), Rojo (Esteban 63e) - Archibald, Carrasco. Entr. T. Venables.

FC Metz : Ettore, Sonor (Colombo 52e), Barraja (Pauk 60e), Zappia, Lowitz - Bracigliano, Rohr, Bernad (cap), Hinschberger - Kurbos, Bocandé. Entr : M. Husson.

 		YouTube 				- Fc Barcelona- Metz 1-4 1984 	 (cliquez sur la vignette pour voir les buts)

3 octobre 1984. Les Bleus de Platini ont disposé de l'Espagne trois mois plus tôt en finale de l'Euro, au Parc des Princes (2-0). Vengeur, le FC Barcelone passe par la Lorraine et écrase Metz 4-2 à Saint-Symphorien en Coupe des Coupes. Séchés chez eux, les Lorrains sont au plus mal. En championnat, c'est pire : Monaco vient d'infliger aux Grenats un retentissant 7-0 à Louis-II.

Dans une enceinte catalane aux trois-quarts vide, le retour ne s'annonce guère meilleur. Peu confiant, Metz ne réagit pas aux assauts répétés des Espagnols. Michel Ettore s'emploie sur une première tête de Carrasco. Motivé, le portier mosellan ? Après ses toiles du match aller, la star allemande du Barça, Bern Schuster, a promis ironiquement promis d'offrir à Ettore un jambon de pays en guise de remerciement.

Ce n'est pas tout : l'attaquant écossais Steve Archibald a traité ses adversaires de « troubadours » dans la presse ibérique. Alors, quand Carrasco ouvre le score d'un tir rasant (33e), l'hilarité générale gagne la confidentielle assistance du Camp Nou (24 000 spectateurs). Amorphes, les Grenats ne se font plus d'illusions, menés 5-2 au score cumulé, et contraints à marquer quatre buts désormais.

Les Lorrains semblent alors porter leur croix comme un lourd fardeau. Par chance, le dédaigneux public catalan va contaminer ses joueurs qui s'arrêtent totalement de jouer. Tony Kurbos file moustache au vent et trompe Amador dans un angle impossible (38e).

 Une minute plus tard, Kurbos, qui réalise sans le savoir le match de sa vie, effectue un appel en profondeur. Le capitaine Bernad lui transmet le ballon. Kurbos centre sur Bocandé et c'est Sanchez, en voulant intervenir, qui tacle dans ses propres filets. Metz mène 2-1 à la mi-temps. Cette équipe, qui a décroché son billet européen en battant Monaco (2-0 ap.) en finale de la Coupe de France, ne lâche rien. Jamais.

A l'image de son feu follet Tony Kurbos qui trompe une nouvelle fois la vigilance locale dix minutes après le retour des vestiaires (55e). Atypique attaquant allemand originaire de Maribor (Slovénie), virevoltant, Kurbos est un renard. Il a déjà signé 15 et 17 buts à Metz, lors des saisons précédentes.

Dans la nuit catalane, il aura totalement éclipsé son compatriote Schuster. 3-1, c'est déjà énorme. Le Barça tient encore debout, au profit du but à l'extérieur, mais le retard est comblé. Il reste une demi-heure pour mettre le coup de grâce. Kurbos, évidemment, s'en chargera : à cinq minutes, la défense espagnole médusée assiste à un numéro de funambule de Jules Bocandé sur le côté gauche. Le Camerounais centre en retrait. Kurbos contrôle et mystifie Amador (4-1).

Les Ramblas appartiennent aux Grenats, qui réalisent un authentique miracle ce soir-là. La performance restera toutefois sans lendemain. Le Dynamo Dresde élimine sans gloire les Messins de la Coupe des vainqueurs de Coupes au tour suivant (3-1, 0-0). A la fin de la saison, Saint-Etienne débauche le héros Kurbos qui ne résiste pas aux sirènes vertes. Metz, 5e du championnat, retente sa chance en UEFA lors de l'édition 85-86. Dès le premier tour, les Yougoslaves de l'Hadjuk Split mettront les Français au supplice (5-1 en Croatie, 2-2 au retour).

L'anonymat dans lequel sont retombés de nombreux acteurs de cette confrontation a quelque chose d'intriguant. Il ne s'agit ni de la meilleure équipe de Metz de tous les temps, et surtout pas de celle du Barça. Côté lorrain, la formidable formation de 1998 est entrée dans la légende : Pires, Pouget, Blanchard, Meyrieu, Song, Isaias, Meyrieu, Rodriguez... La lutte pour le titre contre Lens jusqu'à la dernière journée, des matches incroyables à Saint-Symphorien (3-0 contre Monaco, 3-2 contre l'OM).

Sauf que là où cette mosaïque de talents s'effondrera au tour préliminaire de la Ligue des Champions, plutôt lamentablement contre Helsinki, ceux de 1984 ont torché Barcelone au Camp Nou. Et les Grenats de 2010 ? Bien partis pour remonter, pourquoi ne pas viser la LDC dans 2 ans ? Ce serait rigolo de voir le Metz de Sylvain Wiltord en planter quatre au Barça de Leo Messi...

Cédric DROUET

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