Guingamp - Inter Milan 1996 (0-3) : Meilleur second rôle pour l'En-Avant

Guingamp - Inter Milan 0-3

Buts pour l'Inter Milan : Ganz (25e), Djorkaeff (68e, sp) et Sforza (82e).

Guingamp : Hugues - Foulon, Jozwiak, Mihali, Candela - Baret, Michel, Lecomte, Carnot - Rouxel, Wreh. Entr. F. Smerecki.
Inter Milan : Pagliuca - Fresi - Angloma, Festa, Paganin, Zanetti - Ince, Djorkaeff, Sforza - Zamorano, Ganz. Entr. R. Hodgson.

Premier tour de la coupe de l'UEFA 1996/1997, Guingamp accueille l'Inter dans un stade gorgé de soleil. Pour le grand bonheur des abonnés, Canal + est détenteur des droits de cette compétition. La chaîne cryptée ne s'en prive pas et retransmet assidument les matches. Ah, les années 90...

Dès la prise d'antenne, la voix du regretté Thierry Gilardi présente les acteurs, recouvrant une musique d'ambiance digne des meilleurs films pornos de l'époque (voir résumé, 18'40''). Gros plan de circonstance, c'est l'arrière droit français de l'Inter, Angloma, coiffure Rihanna, qui joue le rôle du grand black prêt à tout défoncer. Travelling sur Youri Djorkaeff, puis Jean-Paul Jaud, réalisateur consciencieux, zoome sur les seconds couteaux de cette tragi-comédie : Coco Michel et Stéphane Carnot, survêt' Rippoz. Moins sexy, tout à coup. Le studio est prêt à tourner. Action.

Les spectateurs qui croyaient assister à un péplum historique ne doivent pas patienter longtemps avant de se rendre à l'évidence. Pas d'épopée grandiose, cet après-midi le cinéma de quartier « Le Roudourou » diffuse un navet de Série B. Le scénario : écrit d'avance, pour un peu le quidam aurait pu écrire les répliques de la voix off, Michel Platini, consultant de luxe.

Le héros malheureux de ce nanar vu et rêvu ? Stéphane Carnot. Econduit par un Pagliuca des beaux jours, le milieu breton manque un premier duel à la 5e minute. Quelques instants plus tard, Carnot reprend de vitesse l'arrière-garde milanaise mais le pied de Pagliuca veille au grain (13e). Entretemps un certain Vincent Candela, arrière droit offensif, rappelle d'un tir puissant que Guingamp a compté un futur champion du monde dans ses rangs (deux même, avec Guivarc'h, qui était déjà parti à Auxerre). Sur une ouverture de 60m, Mauricio Ganz, tueur de sang froid, refroidit le public en contre (1-0, 25e). Un braquage à l'italienne.

Les locaux, loin d'être résignés, se ruent à l'assaut : Carnot, encore, trouve la barre sur une reprise (40). Puis Wreh manque un duel devant l'excellent gardien Nerazzurro. Après la mi-temps, Barret, qui avait le temps de s'avancer, se précipite mais son tir enroulé n'inquiète pas les Italiens qui défendent bas. Roy Hodgson, le coach britannique, a placé Fresi derrière ses deux défenseurs centraux. So kitch ! Mais ça marche. L'Inter laisse venir : Carnot achève son infortunée prestation par une tête qui frise le poteau. Pagliuca était pourtant battu (54e).

La dernière demi-heure sera un cauchemar sans fin : Ramon Diaz Vega refuse d'abord un penalty indiscutable aux Guingampais pour une main dans la surface (60e). Une décision qui ne réchauffe pas franchement les relations franco-espagnoles en coupe d'Europe : quelques mois plus tard, c'est Garcia-Arranda, un autre référé ibérique, qui refusera à Auxerre le fameux but de Lilian Laslandes sur un retourné acrobatique...

Diaz-Vega, en revanche, verra bien l'accrochage entre Angelo Hugues et Zamorano à la 68e. Il accorde un penalty que Djorkaeff, en faux-frère, transforme sans vergogne. L'arbitre expulse dans la foulée le Polonais Marek Jozwiak, coupable d'un attentat sur le Chilien Zamorano (69e). Puis à huit minutes de la fin Baret détourne dans ses buts une frappe lointaine de Sforza. 0-3, Fin de l'aventure.

Mais en coupe d'Europe, il y a toujours une suite. Loin de la superproduction espérée, le public boudera le second opus à Giuseppe-Meazza. Dommage, car Guingamp profite d'une démobilisation légitime des Italiens pour arracher le match nul le plus prestigieux de toute son histoire (1-1). Cristopher Wreh a porté l'estocade pour une égalisation aux allures de Happy End. Pas suffisant pour se qualifier. La comparaison avec le cinéma s'arrête là. Contrairement au septième art, en football, ce n'est pas toujours le gentil qui gagne.

Cédric DROUET

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