Rennes - Juventus 1999 (2-2) : A la faveur de l'été

Rennes - Juventus : 2-2


Buts pour Rennes : Diouf (20e), Nonda (92e) ; pour la Juve : Conte (30e), Zambrotta (73).


Rennes : Malicki - Bassila, Dogon, Sommeil, Gregoire - Bigne (Le Bris, 77'), Le Roux, Gava - Diouf (Yapi, 77'), Nonda, Bardon (N' Diaye, 60'). Entr. P. Le Guen.
Juventus : Van Der Sar, Iuliano, Ferrara, Montero, Conte, Oliseh, Tacchinardi, Zambrotta, Zidane (Pessotto, 69'), Inzaghi (Kovacevic, 77'), Del Piero (Esnaider, 85').

La Juventus se déplace à Rennes fin août, dans la touffeur estivale d'un stade de la Route de Lorient en pleins travaux. Eh oui, les supporters en carton dans les tribunes, c'était une invention estampillée Stade Rennais, ne l'oublions jamais.

Ce soir là, les Bretons se contentent de grandes toiles aux couleurs des Rouge et Noir, dressées sur tout un pan de l'enceinte. Histoire de cacher la laideur des faubourgs en arrière-plan. Pas de quoi impressionner la Juve qui en a vu d'autres, niveau ambiances surchauffées. D'autant que les Italiens toisent Rennes du haut de leurs deux buts d'avance, acquis à Turin.

Les Bianconeri pêchent d'ailleurs par suffisance dans l'entame de match. Les Rennes sont survoltés et la tactique offensive et ambitieuse de Paul Le Guen (comme quoi les gens changent...) fait merveille. Le Roux, Nonda, Gava font feu de tout bois. Les appels d'El Hadji Diouf déstabilisent l'arrière-garde transalpine. Mais c'est Cédric Bardon qui se crée la plus grosse occasion, avec un duel perdu sur le poteau de Van Der Sar. Bardon persiste et signe, quelques instants plus tard, sur un chef d'œuvre collectif conclu par Diouf (1-0, 18e).

Le portier hollandais effectue ensuite un arrêt sensationnel sur une tête de Nonda. C'est fini pour Rennes. L'orage qu'elle vient de laisser passer aura rendu service à une Vieille dame menacée par la canicule. L'expérience de la vie va payer. Le vétéran Conte égalise à la demi-heure de jeu. Rennes doit marquer trois fois pour remporter l'Intertoto et accéder à l'UEFA. Mission impossible.

Zidane n'est pas encore l'ambassadeur de l'association ELA et sa première visite Route de Lorient n'a rien de caritatif : virevoltant, le récent champion du monde casse les reins des Bretons, suppléé par un Del Piero des grands jours. La fatalité verra Zambrotta inscrire un second but assassin, atténué par l'égalisation tardive de Shabani Nonda (2-2, 92e).

Eternel rêveur et Rouge et Noir de la première heure, notre expert Gaspard Bremond, aujourd'hui journaliste à la Nouvelle République, fait partie des 11 000 privilégiés à pouvoir affirmer « J'y étais ! ». Il refait l'histoire : « Sincèrement, je pense que si Bardon marque au lieu de heurter le poteau, nous aurions décroché la qualification. A 2-0, la Juventus aurait eu la tête sous l'eau ». C'est sans compter sur la malédiction qui touche le club breton depuis sa création...

Sans déconner, une équipe dont le but est gardé par Malicki et la défense gouvernée par Jean-Luc Dogon avait-elle de l'espoir ? Comme si des puceaux en Coupe d'Europe avaient une chance de violer l'intimité d'une Vieille Dame qui n'a pas exactement la réputation d'être une fille facile...

Cédric DROUET

 

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