TFC - Naples 1986 : Maradona craque à Toulouse

Toulouse - Naples : 1-0 (aller 0-1).

Le TFC vainqueur 4-3 aux tab.

But pour Toulouse : Stopyra (15e).

Tirs au but Toulouse : Stopyra (x), Marcico (o), Durand (o), Marx (o), Tarantini (o)
Tirs au but pour Naples : Giordano (o), Ferrario (o), Renica (o), Bagni (x), Maradona (x)

Onze de départ Naples : Garella - Brusculotti, Ferrara, Bagni, Ferrario - Renica, Muro, De Napoli, Maradona - Carnevale, Volpecina. Entr. C. Bianchi.
Onze de départ Toulouse : Bergeroo, Lestage, Tihy, Ruti, Tarantini - Despeyroux, Durand, Marcico - Stopyra, Bellus, G. Passi. Entr. J. Santini.

L'Europe sourit au TFC en 1986. La Ville Rose s'est qualifiée pour l'UEFA après une belle 4e place lors de la saison précédente. Depuis quelques saisons, Toulouse aspire à de nouvelles ambitions sous les ordres des présidents Visentin puis Delsol. Le club met la main au portefeuille, à commencer par le secteur technique : après des expériences malheureuses (Angel Marcos, Just Fontaine), c'est le Suisse Daniel Jeandupeux qui reprend l'équipe en main, puis Jacques Santini en 1985. Des grands noms qui amènent des grands joueurs.

En 1984, le champion du monde 1978 argentin Alberto Tarentini prend ses quartiers dans la défense du Téf'. Au milieu, Alberto Marcico, un autre gaucho, renforce l'effectif. En sept ans, Beto Marcico deviendra la coqueluche du club. Aujourd'hui encore il occupe la deuxième place au classement des matches joués sous le maillot toulousain (227, derrière Arribagé) et au nombre de buts marqués (64, derrière Pintenat).

En face, Naples n'a pas laissé sa part au chien en matière de recrutement argentin. La star mondiale Diego Maradona a signé depuis deux ans en Campagnie. Auréolé d'un récent titre de champion du monde, au Mexique, El Pibe de Oro a le nez dans la poudre mais son talent n'est en rien altéré par ses frasques nocturnes. La preuve : en six ans il marquera plus de 100 buts avec Naples, qu'il conduira sur le toit de l'Italie (deux Scudetti 1987 et 1990) et de l'Europe (une coupe de l'UEFA en 1989).

Au match aller, Carnevale a marqué. Le Napoli s'est imposé 1-0 à San Paolo et Toulouse sponso RMC n'en mène pas large avant la seconde manche. Carnevale se présente d'ailleurs rapidement devant Bergeroo qui sort au pied. Les Français ont frisé la correctionnelle et se donnent un coup de fouet : au quart d'heure de jeu Durand lance Marcico en profondeur. L'Argentin se remet sur son pied gauche et centre pour Passi, qui gêne Garella. Stopyra, en embuscade, trouve la lucarne (1-0). Naples ne s'énerve pas.

 Les certitudes des Italiens confinent à l'arrogance. Maradona tente un lob de trente mètres dos au but. Toulouse s'accroche et garde son avance jusqu'au bout. Prolongations. Sur une tête de Despeyroux, Garella effectue une parade splendide qui maintient les Napolitains en vie. Le doute change de camp et les Italiens jouent désormais les pénos. Ils y parviennent après une dernière frayeur sur une tentative de Marcico.

Le TFC commence mal la séance avec un raté de Yannick Stopyra. Tous les suivants réussissent, jusqu'à Bagni, quatrième tireur du Napoli. Bergeroo s'envole et repousse. 3-3. Les Argentins s'expliqueront entre eux. Tarentini s'avance et transforme pour Toulouse. Maradona doit marquer pour éviter l'élimination.

Bergeroo se confie : « On m'avait prévenu que Maradona attendait toujours le plongeon du gardien pour le prendre à contre-pied. J'ai donc décidé d'attendre le tout dernier moment avant de bouger ». La partie de poker menteur est magnifique. Le portier toulousain patiente si longtemps qu'il n'effectue pas le moindre mouvement. Maradona est déstabilisé, son tir heurte le poteau mais revient sur Bergeroo. Dans un ultime réflexe, ce dernier replie son bras pour éviter le contre-son-camp.

 		YouTube 				- toulouse - Naples 1986 	 (voir le pénalty manqué de Maradonna)

Tout Maradona résumé sur ce dernier tir au but : heureux ou malheureux, le gros Diego a toujours besoin d'être un héros. S'il avait tiré pour la gagne, l'Argentin aurait marqué. Sans doute. Humilié, El pibe de Oro se cache sous son maillot bleu ciel Buitoni, se signe et regagne piteusement les vestiaires sous une nuée de photographes. Personne ou presque ne pense à Bergeroo, héros de la soirée, qui fête déjà la victoire dans le rond central avec tous ses collègues.

Sur sa lancée, le TFC étrille le Spartak Moscou 3-1 au match aller du second tour. Gérald Passi, magique, plante un hat-trick au légendaire gardien soviétique Rinat Dassaev. Mais les Toulousains craquent à Moscou (5-1) au retour et pourront nourrir de gros regrets en regardant le tableau final de l'édition 1987. Les modestes Autrichiens du Tyrol Innsbruck élimineront les Moscovites avant de se faire torcher par Göteborg.

Lors d'une des plus faibles finales de l'histoire de la Coupe UEFA, les Suédois s'imposent devant Dundee United (Ecosse). Toulouse aurait eu sa place sur l'affiche. Le TFC aurait même fait un joli vainqueur...

Cédric DROUET

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