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Argentine-Cameroun 1990

Stade Giuseppe Meazza.

Cameroun / Argentine 1-0 (0-0).

Cameroun-Argentine 1990 

(Résumé de la rencontre)

Spectateurs : 73.780.

Arbitre : M.Michel Vautrot (France).

But : Omam Biyick (66e).

Expulsions : Kana Biyick (62e), Massing (89e) pour le Cameroun.

Cameroun : N'kono- Tataw (Cap), Ebwelle, Ndip, Massing- Kundé,Kana, Makanaky (Milla 82e), Mfédé (Libih 65e), Mbouh - Oman Biyick. Entraîneur : V. Népomniachi (Russie).

Argentine : Pumpido - Ruggeri (Caniggia 46e), Fabbri, Simon, Lorenzo, Sensini (Calderon 69e) - Battista, Basualdo, Maradona (Cap), Burruchaga - Balbo. Entraîneur : C.Bilardo.

Yannick Noah pour radio Cameroun avec les lions indomptables. N'kono dégage après un suppositoire de l'attaque adverse. Dégagement multidirectionnel de N'kono, les défenseurs voient complètement flash. François Omanbiyik amortit et glisse un zolo, deux zolos et passera Milla. Milla dribble la balle, un dribble qui sort des laboratoires, l'affaire est grave, il tire au gooooooal, il y est !
Qui a oublié ce mythique passage de la chanson de Yannick Noah, Saga Africa, inspiré de l’épopée des Camerounais en 1990, en coupe du Monde.

Un parcours d’exception couronné par un quart de finale (2-3 contre l’Angleterre), le premier jamais disputé par une équipe africaine lors d’une compétition mondiale. Cinq matches entrés dans la légende du continent noir. Surtout le premier…
9 juin 1990, à Milan. L’Italie ouvre ses portes au monde du foot et accueille dans sa cathédrale du ballon rond, à San Siro, le match d’ouverture. Il oppose le tenant du titre, l’Argentine, au Cameroun.

Les Lions Indomptables, en panne totale de confiance, viennent de  se ramasser un prodigieux gadin en coupe d’Afrique des Nations, quelques mois plus tôt. En Algérie, les coéquipiers de Joseph-Antoine Bell ont enchaîné les contre-performances : défaite 0-1 face à la Zambie, petite victoire contre le Kénya 2-0, puis revers face au Sénégal 0-2. Deux points et une troisième place dans un groupe peu relevé. Triste bilan pour un pays qui n’avance plus.

Bell est d’ailleurs remplacé au pied levé par Thomas N’Kono avant le début du mondial italien. le gardien des Girondins de Bordeaux transféré à Marseille, est accusé de faire trop de vagues et pas assez d’arrêts dans un contexte houleux déclenché par l’absences des primes de matchs.

En face, le champion du monde argentin, emmené par un Diego Maradona au sommet de son art, se dresse tel un infranchissable mur. Petit hic : El Pibe de Oro joue à Naples, club du Sud, avec lequel il vient de remporter deux scudetti (championnats d’Italie) en 1987 et 1990. Ce pied de nez aux puissantes villes du Nord (Rome, Turin, Milan) n’a pas été franchement apprécié par les supporters des gros clubs transalpins.

Des banderoles explicites saluent à leur manière le triomphe napolitain lors des matches à l’extérieur de la bande à Diego : « L’Italie s’arrête à Rome. Bienvenue aux champions d’Afrique ».
Très vite, l’amalgame est effectué entre Diego le Napolitain et Maradona l’Argentin. Partout où se produiront les Tangos, un concert de sifflets refroidira l’ambiance. Les Argentins seront conspués à Milan face au Cameroun, en huitièmes de finale face au Brésil à Turin, en quart de finale à Florence contre la Yougoslavie et en finale à Rome, contre l’Allemagne.

Partout… sauf à Naples ! Adulés par un public qui prend fait et cause des le début du mondial pour Maradona et les siens. Les matches de poules contre l’URSS (2-0) et la Roumanie (1-1), disputés au stade San Paolo de Naples, voient l’Argentine encensée.
Le point d’orgue de cette véritable scission qui divise la péninsule transalpine a lieu en demi-finale. A Naples, les 60 000 spectateurs poussent pendant deux heures l’Argentine aux dépens de… l’Italie. Les Gauchos s’imposeront finalement aux tirs au but (1-1, 5 tab à 4) dans une atmosphère délirante et surréaliste. Chez elle, la Squadra est sortie dans une liesse indescriptible.

Beaucoup d’observateurs prétendront d’ailleurs que monsieur Cosedal, qui sifflera en finale un penaltys et deux expulsions en défaveur de l’Argentine, battue 0-1 par la RFA, a reçu des consignes pour infléchir le résultat. Politiquement, un nouveau succès argentin aurait soi-disant fait grand bruit.

L’Argentine quittera donc la coupe du monde par un revers 0-1, comme elle l’a débutée. Face au Cameroun donc, pour ce qui constitue l’une des plus grandes surprises de l’histoire.

A la 66e minute, François Oman-Biyik  s’élève dans les cieux milanais pour réaliser une tête en extension. Le ballon,repris très haut, ne prend pas beaucoup de vitesse. Nelson Pumpido, le portier argentin, est trop lourd sur sa ligne de but. Il ne parvient pas à se saisir d’un ballon facile qu’il repousse carrément dans son propre but.

La défaite est humiliante et ni Maradana ni le sélectionneur, Carlos Bilardo, ne se chercheront d’excuses. «  J’espère que nous rentrerons vite en Argentine, j’espère que notre avions s’écrasera en plein océan et qu’on nous oubliera », exagérera même le démesuré Bilardo.

Pumpido, le gardien aux allures de coupable désigné, perdra d’ailleurs sa place dès la troisième rencontre au profit d’un parfait inconnu, Sergio Goycoechea, qui ne tardera pas à s’illustrer sur sa spécialité : les tirs au but. Il en stoppera cinq à lui seul, en cumulant le quart de finale et la demie contre la Yougoslavie (0-0, 3 tab à 2) et l’Italie.

De leur côté, les Camerounais, forts de ce surprenant succès initial, se qualifieront pour les huitièmes puis les quarts. De manière assez anecdotique, on peut noter que leur élimination cruelle en prolongations face à l’Angleterre de Gary Lineker (2-3), doit beaucoup à l’arbitre mexicain Ernesto Cosedal. Ce dernier sifflera généreusement deux penaltys en faveur d’une perfide Albion menée au score et qui ne s’en serait jamais sortie sans lui. Monsieur Cosedal aura donc tué de façon assez scandaleuse les deux survivants du groupe B du Mondial italien : le Cameroun et l’Argentine.

Maigre consolation, ces deux formations garderont le mérite d’avoir disputé un match d’ouverture qui restera, pour très longtemps, gravé dans les mémoires.

Cédric DROUET

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