David Beckham : United tiendra toujours une place à part

David, vous avez déclaré avoir presque pleuré en voyant le tirage ?

C’était juste un sentiment incroyable, de savoir que j’allais revenir. J’ai rencontré tellement de gens inoubliables ici à United, sur et en dehors du terrain, j’ai hâte de les revoir une fois encore. Manchester United est un des plus grands clubs du monde, et l’un de ceux dont vous voulez toujours faire partie.

Quitter United (en 2003, ndlr) n’a pas été simple, n’est-ce-pas ?

C’est certain. Accepter de ne plus être un joueur de United a été sans aucun doute l’une des choses les plus dures auquelles j’ai été confronté dans ma vie. Quand vous êtes un joueur, et un fan de United, vous ne voulez jamais jouer ailleurs.

Comment le Milan AC a t-il préparé le match ? Leonardo s’est-il renseigné auprès de vous ?

Nous avons préparé ce match comme un autre, on respecte United, mais on a pas peur d’eux. Je suis parti il y a longtemps, beaucoup de choses ont changé, il y a peu de choses que je pourrais dire ou faire pour aider maintenant que je suis de ce côté.

Est-ce que ce sera plus dur à aborder pour vous ?

Oui ? je pense que les deux matches seront plus compliqués à aborder, simplement parce que je n’ai jamais joué contre eux, et je ne suis jamais retourné jouer à Old Trafford depuis mon départ, il y a sept ans. Ce n’est pas quelque chose que je peux préparer. Je ne suis pas d’un naturel nerveux, mais je pense qu’il y aura une boule à l’estomac au coup d’envoi…

Comment vous sentirez-vous en cas de but contre United ? Imaginez que vous inscriviez le but de la qualification…

Parfois les émotions peuvent prendre le dessus sur vous quand vous marquez, mais sincèrement je ne pense pas que je célèbrerais un but, vu mon respect pour les fans et le club.

Quelles sont les différences entre Manchester et Milan, selon vous ? Et entre les championnats anglais et italien…

Ce sont deux clubs fantastiques, avec une grande histoire, une tradition. Les deux championnats se valent actuellement. Les Italiens sont connus pour leur talent, mais ils ont aussi une grosse endurance et une vraie rage de vaincre. Je me suis éclaté en Premier League aussi. Je suis parti il y a sept ans et je pense que le niveau a encore augmenté depuis. Mais c’est le cas de tous les grands championnats, qui se développent, deviennent meilleurs.

Quel match vous a le plus marqué sous le maillot de Man. U. ?

(Il marque une pause). Oh, il y en a tellement. La saison 1998/1999 dépasse tout (celle du triplé historique de Manchester avec la finale de coupe d’Europe contre le Bayern Munich, ndlr. Ce jour-là Munich mène 1-0 mais sur deux corners de Beckham, Manchester inscrit deux buts dans les arrêts de jeu et s’impose 2-1).

Il y a eu tant de matches mémorables durant cette campagne. On a connu tellement de matches fous et marqué de nombreux buts (plus de 120 sur toute la saison. Manchester restera invaincu entre janvier et mai durant 33 matches, toutes compétitions confondues). On marquait beaucoup à la dernière minute. Mais vous savez, je crois que ce n’était pas seulement nous. C’est United : vous pouvez être mené 2-0 à quelque minutes de la fin, ici, les joueur et le manager croieront encore à la victoire. Le club est comme ça.

Vous avez dit que vous auriez rêvé faire toute votre carrière à United.  Ryan Giggs, Paul Scholes et Gary Neville l’ont fait…

C’est incroyable. Rester à un tel niveau est impensable. Je suis heureux pour eux qui ont connu autant de succès avec Manchester. Ryan (Giggs, ndlr) mérite toutes les récompenses qu’il a reçu pour sa fidélité au club. Il a tellement donné à Manchester et il est aimé de tous ici. Ce fut un honneur de jouer à ses côtés.

Comment jugez-vous l’équipe actuelle ? Beaucoup d’observateurs pensent que la perte de Cristiano Ronaldo a été préjudiciable…

Quand Ronaldo est parti, je pense qu’il y a beaucoup de gens qui ont annoncé le déclin de Manchester United. C’est arrivé si souvent dans le passé. Mais le club est toujours revenu sur le devant de la scène et le manager a toujours fait taire les critiques. Le club garde des grands joueurs et je ne vois pas de raisons pour qu’il arrête d’engranger les trophées.

Justement, au match aller à Milan (victoire des Anglais 3-2), Wayne Rooney a marqué deux buts. Avez-vous été impressionné ?

J’ai toujours dit le bien que je pensais de Wayne. Il est l’un des meilleurs buteurs au monde et c’est un candidat crédible au Ballon d’Or.  Je joue avec lui depuis ses débuts en équipe d’Angleterre. Il a toujours été impressionnant à voir jouer. Il a quelques pépins physiques mais je suis certain qu’Alex Ferguson l’alignera à Old Trafford. Il aligne toujours la meilleure équipe possible et Wayne a eu tout le week-end pour se reposer.

Vous n’avez pas peur, compte tenu de sa saison, qu’il arrive cramé à la Coupe du Monde ?

Il a 24 ans et est prêt pour tous les matches. Il peut maintenir ce niveau jusqu’en juillet, je n’ai aucun doute là-dessus, non.

Parlez-nous d’Alex Ferguson…

Alex Ferguson a toujours été comme un père pour moi. Il l’a été, et il le restera. Peu importe ce qui a été dit sur notre relation, je n’ai gardé que les bons souvenirs. Il est celui qui m’a donné la chance de jouer pour mon club de cœur. Le premier conseil qu’il m’a donné, c’était : « travailles dur ! ». Il a toujours protégé ses joueurs, mais il savait aussi me dire quand je faisais une erreur.

Finalement, pourriez-vous revenir à United ?

Je reviendrai certainement comme un supporter. Je suis toujours abonné à l’année et j’ai l’intention de voir autant de matches que possible. Un jour, j’aimerais y amener mes fils. United tiendra toujours une place à part pour moi, et, comme on dit, on ne sait jamais de quoi demain sera fait.

Cédric DROUET

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