Montanier : L'arbitre sentait un peu l'alcool

Gardien de Caen lors de la double confrontation mythique contre Saragosse en 1992, Philippe Montanier en a conservé une certaine frustration. L’actuel entraîneur de Valenciennes, en déplacement en Belgique pour un match amical à Genk (défaite 3-1) a eu la gentillesse de revenir pour Europeangoldfoot sur cette douloureuse expérience européenne.

- EGF : Philippe, avez-vous des souvenirs précis du match aller, remporté 3-2 à Venoix ?

Philippe Montanier : Quelques uns, même si c’est vrai que je n’aime pas trop replonger dans le passé.

- Ce qui frappe, c’est surtout cette première demi-heure de folie contre des Espagnols un peu suffisants, non ?

C’était voulu, on avait décidé de débuter fort. Saragosse a été surpris, c’est certain. Pour eux, venir jouer à Caen, ce n’était peut-être pas leur match le plus motivant de l’année. Même inconsciemment, au départ, ils ne nous ont pas pris trop au sérieux.

- Caen aurait d’ailleurs mérité une victoire nettement plus large, n’est-ce pas ?

Oui car on a fait un grand match, il me semble qu’on avait reçu le titre du meilleur match de l’année contre Saragosse, juste devant ou juste derrière celui de coupe de France contre Lens. Je garde une vraie frustration en ce qui concerne cette rencontre.

On s’est procuré beaucoup d’occasions, et d’ailleurs je pense qu’il y a une faute sur moi lors du deuxième but espagnol. Nous n’avions pas été très chanceux avec l’arbitrage sur l’ensemble des deux matches. C’était sans doute dû à notre statut de petit en Coupe d’Europe.

- Au retour, justement, vous vous inclinez 2-0. Qu’est ce qu’il vous a manqué pour obtenir la qualification ?

Ce match retour est une grosse déception. On prend un but, et on a une énorme opportunité d’égaliser : là encore, on manque de chance avec un arbitre qui nous siffle un hors-jeu imaginaire, puisque notre joueur était parti de son propre camp pour défier le gardien.

C’était un arbitre gallo-écossais saoul, il sentait un peu l’alcool, apparemment il n’avait pas décuvé de sa soirée de la veille... Je me souviens avoir revu les images, Thierry Rolland avait encore pété un boulon en insultant les arbitres en direct. J’ai des regrets surtout sur ce match, par rapport à l’arbitrage.

- C’est une élimination prématurée pour équipe de Caen talentueuse. Une des plus belles générations du Stade Malherbe ?  

En effet, on avait une belle équipe à l’époque avec Xavier Gravelaine, Paille, Gorter, « Banban » (Stéphane Dedebant, ndlr). Il y avait aussi des joueurs du cru comme Lebourgeois ou Point.

L’année précédente on avait aussi Michel Rio et le Danois Jesper Olsen, sans doute l’un des meilleurs joueurs avec qui j’ai joué. C’était vraiment un bon groupe. On jouait encore à Venoix, un vieux stade qui avait ses charmes mais aussi ses limites. L’année suivante on a pris place à Michel-d’Ornano.

Pouvez-vous nous dire un mot sur Gravelaine, extraordinaire au match aller. Personne ne le connaissait et en fin de saison, il avait terminé deuxième meilleur buteur de première division derrière le Marseillais Boksic.

Ah oui, « Xav’ » avait été incroyable ce soir-là ! Il était déchaîné, il réussissait tout. Il s’est révélé au grand public et à lui même. Il s’est procuré de nombreuses occasions, il a marqué, ç’a a été une sorte de déclic et il a confirmé par la suite.

Pour conclure garderez-vous un bon ou un mauvais souvenir de cette confrontation contre Saragosse ?

La Coupe d’Europe a toujours un parfum particulier. On touche au plus haut niveau, il y a de grandes équipes avec les meilleurs joueurs. L’ambiance dans les stades, la presse qui vous sollicite davantage pendant la semaine qui précède les matches. C’est appréciable.

Mais ces deux rencontres contre Saragosse sont restées mes deux seuls matches de Coupe d’Europe en tant que joueur. Alors c’est peut-être pour ça que je m’en souviens bien (rires).

Propos recueillis par Cédric DROUET

Lire l'article sur Caen - Saragosse 1992 (3-2)

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