33e j. : Bordeaux et l'OL se quittent bons amis

A tout seigneur, tout honneur. Bordeaux, champion de France en titre, devait prendre six points au Mans et face à Lyon pour espérer. Mais le mal girondin est profond. Hier la nervosité l’a emporté face à l’OL et ce nul qui n’arrange personne montre les limites passagères des deux équipes.

La symétrie des quatre buts est assez frappante à cet égard : tête du meilleur joueur actuel de chaque formation (Chamakh et Cris) et frappe lointaine et pure d’un second couteau (Plasil et Ederson). A Bordeaux, j’ai le sentiment que le discours de Blanc passe moins bien, notamment lorsqu’il apostrophe les joueurs dans la presse. Ca doit heurter quelques sensibilités fragiles au Haillan.

Bordeaux et Lyon dos à dos

Un peu comme Platini lors de son passage à la tête des Bleus entre 88 et 92, il me semble que ces anciens très grands noms légendaires ont du mal à accepter les failles de leurs joueurs. Un peu comme si ils ne supportaient pas qu’un de leurs protégés ne soit pas capable d’être, comme eux, toujours au top.

Blanc a débuté en position de milieu offensif puis il a reculé en charnière avec la même assurance et le succès qu’on lui connaît. Ca doit être compliqué pour lui de voir Ciani et Tremoulinas ou Jussie enchaîner les cagades. Mais là est la difficulté du poste, savoir prendre du recul et prendre conscience qu’on est plus acteur mais spectateur.

Après cette période délicate, Laurent Blanc se voit tout de même dérouler le tapis rouge en équipe de France pour succéder à Domenech. Mais il aura certainement appris beaucoup à Bordeaux en termes de gestion humaine.

Passons à l’OL. Je n’y crois toujours pas, mais rien n’interdit aux Lyonnais d’accrocher le podium en fin d’exercice. Toujours 3e, ils ont obtenu leur report contre Monaco lors de la prochaine journée. Un joker et trois points assurés en cas de besoin le 12 mai, juste avant le dernier match de la saison.

Coup double pour Aulas qui va pouvoir se focaliser sur le Bayern, qui s’est imposé 7-0 contre Hanovre (triplé de Robben, doublé d’Olic) ce week-end. Pour en revenir à la L1, les prochains rdv de Lyon lui offriront deux pointures : Montpellier puis Auxerre. Quel suspense pour les 2e et 3e places cette saison.

Lille n’a d’ailleurs pas renoncé. Le LOSC a signé une victoire 4-0 contre Monaco qui, dans son rôle d’arbitre, est assez limite. L’ASM a tenu en échec Bordeaux, Auxerre et Montpellier (trois fois 0-0) sur les dernières semaines. Mais sur ces deux rencontres face au Nordistes, Monaco a rendu à Lille 6 points et une différence de buts de + 8 (4-0 à Louis-II, idem au retour).

Saluons toutefois la prestation emballante de Dogues retrouvés. Yohan Cabaye (deux buts dont un superbe, une passe), a fait grimper sa côte de quelques millions d’euros supplémentaires. Sur les tablettes Bordeaux et Paris, mais aussi de grosses pointures étrangères (Arsenal, Tottenham, Palerme ou la Lazio)… Le milieu lillois n’a que l’embarras du choix à l’heure de monnayer son talent.

La déception est venue de Montpellier qui laisse échapper deux nouveaux points précieux. Les Héraultais avaient fait le plus dur en marquant par Costa sur une contre-attaque de Belhanda. Mais Toulouse a égalisé dans les dernières secondes, glaçant une Mosson pourtant gorgée de soleil (1-1).

C’est Kazim-Kazim qui a porté le coup fatal, profitant d’un oubli de Yanga-MBiwa dans son dos. Erreur de concentration ? Non. Au ralenti on perçoit nettement que le défenseur se tourne vers Kazim au moment du centre. Il préfère alors rester devant le but plutôt que de reculer au marquage, sans penser un seul instant que le centre puisse aboutir. Il s’agit donc d’une erreur de jeunesse. Dommage, car Mapou avait réalisé un sans-faute jusque là.

Et l’OM dans tout ça ? Victoire dans la douleur à Boulogne, penalty cadeau. A Montpellier l’arbitre ne siffle pas une charge sur Lacombe sous prétexte que l’attaquant du MHSC était loin du ballon. Mais sur la tête de Brandao, la main involontaire de Lachor a-t-elle réellement eu une incidence sur le jeu ?

Au ralenti il semble que Bedenik se serait saisi sans souci du ballon. Pourquoi siffler dans un cas, et pas dans l’autre ? Allez, comme l’ont ironisé les Boulonnais, on parlera de la « chance du champion » plutôt que d’une erreur d’arbitrage. Ainsi, seul Auxerre peut mathématiquement espérer  contrecarrer les plans marseillais. La victoire devant Lorient (4-1) évente définitivement le discours pessimiste de Jean Fernandez. L’AJA est une machine parfaitement huilée.

Tiens, savez-vous combien de matches cumulés de L1 comptent les cinq défenseurs qui composent régulièrement l’arrière-garde bourguignonne (Hengbart-Mignot-Grichting-Berthod-Coulibaly) ? La réponse est 911 ! Une certaine idée de l’expérience et un bloc inamovible totalement rompu aux joutes hexagonales.

Terminons avec ce Saint-Etienne – PSG (0-0) diffusé en prime time par Canal +. Kombouaré a fait tourner (Kezman, Luyindula, Sankharé, Ngoyi et Chantome titulaires) et Paris a tenu le choc. L’ennui mortel de la rencontre a prouvé que les deux équipes méritent leur place. Je n’avais pas vu jouer Saint-Etienne depuis leur nul à Lyon (1-1), qui m’avait bluffé.

Comme à Gerland, Bergessio, Payet et Rivière étaient présents au coup d’envoi. Mais l’animation offensive n’avait rien à voir hier soir. Il manquait l’Espoir Bakary Sako, entré en jeu à la 55e minute seulement. Finalement c’est peut-être lui le vrai détonateur des Verts cette saison.

Cédric DROUET

PS : Concluons par cette affaire de mœurs qui a touché l’Equipe de France ce week-end. Selon les sources, les joueurs concernés seraient Govou, Ribéry, Benzema et Ben Arfa. Grâce à la prostitution, il y aurait donc un domaine dans lequel les Bleus sont capables d’aligner quatre passes consécutives. C’est rassurant.

Blague à part, on est loin de savoir ce qui se trame en coulisses derrière ces accusations, ni quelle est la part de déstabilisation dans ce « Clearstream » du football. Mais j’ai trouvé génial le concours de supputations tout au long du week-end dans les médias comme dans les foyers, pour trouver le nom des quatre heureux élus. Entre les journalistes qui savent et balancent quelques indices et les supporters qui écument les forums pour se renseigner, on a touché le fond.

On aurait juste préféré que Gourcuff soit impliqué dans cette affaire de proxénétisme. Mais apparemment, contrairement à certains de ces petits camarades, le beau gosse des Bleus n’a pas besoin de payer pour obtenir les faveurs féminines. Décidément, ce Yoann, il tue le métier !   

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