L'OM à sa main, l'OM a la main

Dynamique du moment, calendrier, matches en retard, erreurs d’arbitrages… On ne sait plus quels critères décrypter pour obtenir une lecture appropriée du classement. Quant à émettre une hypothèse fondée et rationnelle sur le futur champion, c’est encore pire.

L'OM va jouer 5 des 8 derniers, Lyon 5 des 8 premiers...

Bordeaux,défait contre Nancy (1-2), est au « fond du trou », comme l’a honnêtement avoué Laurent Blanc. Marseille, pas brillant, a fait le métier contre Lens (1-0). L'OM a gagné à sa main, et à présent, il a la main en championnat. Un « Lyon bis » a tremblé à Rennes avant de s’imposer (2-1), grâce à deux titulaires : Lisandro et Bastos.

Mais le calendrier en dit long. Jugez plutôt en comparant les cinq prochains rdv de l’OM (Sochaux x2, Nice, Boulogne, Saint-Etienne) avec ceux de l’OL (Lille, Bordeaux, Monaco, Montpellier, Auxerre). Quand Marseille va jouer cinq des huit derniers, Lyon affrontera cinq des huit premiers. Sans compter les matches en retard des Marseillais.

Contre Monaco, Montpellier a été freiné par un excellent Ruffier et d’un arbitrage contestable (but valable de Camara refusé, 0-0). Si le MHSC perd peu (deux défaites sur ces douze derniers matches), il ne gagne plus beaucoup (deux victoires sur ses sept derniers matches).

Tout comme Auxerre, qui a montré ses lacunes à Monaco, lundi dernier, puis contre Paris hier (1-1). Jelen, qui souffre du dos, est au bout du rouleau. Jean Fernandez a été très franc hier soir : il a parlé d’une équipe « au taquet. Je signerais tout de suite pour une cinquième place ». C’est vrai, Auxerre à l’air d’être à la rupture, prêt à exploser à la moindre suspension ou sur la blessure d’un joueur cadre. Souhaitons-leur d’éviter ces pépins.

Enfin, un mot sur Lille. Imprévisible LOSC, irrésistible contre Montpellier (4-1), et fantomatique à Valenciennes (0-1) ? Très prévisible au contraire. Lille alterne victoire à domicile et nul/défaite à l’extérieur avec la régularité d’un coucou suisse. Un deuxième déplacement consécutif se profile à Lyon. Histoire de briser la série en même temps que la routine.

Des reports inaccoutumés

En tout cas, bien malin celui qui peut donner l’identité de l’équipe sacrée au soir du 15 mai. Ah si, Frédéric Thiriez, peut-être, tant la Ligue s’échine à tirer indirectement les ficelles d’un scénario cousu main. Je suis sans doute paranoïaque. Mais certaines formations qui s’envolaient ont été ralenties à la suite de reports plus ou moins inaccoutumés, qui rendent le classement illisible.

Je pense à la grippe A qui décale le Clasico OM-PSG à la date d’OM-Sochaux, un OM-Sochaux qui va se jouer, enfin, mercredi. Il y a aussi le vent qui annule Le Mans-Bordeaux.

Ou encore une journée programmée le même week-end que la finale de la coupe de la Ligue, OM-Bordeaux. Mais ces clubs têtes de série ont commencé la compétition en huitièmes et ne pouvaient pas se rencontrer avant les demies. Croyez-vous que Thiriez, qui rêvait de cette finale, ignorait que l’OM et Bordeaux seraient concernés par le haut de tableau en L1, quand il a imposé la date de la finale ?

Arbitrage : erreurs à répétition toute la saison

L’arbitrage a aussi joué un rôle important cette saison. Tout a commencé sur ce but refusé injustement à Jussie (Bordeaux) lors du 0-0 au Vélodrome (4e journée).

Lyon ultra-dominé au Parc des Princes, a ensuite pris un point face au PSG sur un but hors-jeu flagrant de Gomis à la 85e minute (6e journée). D’ailleurs, j’aurais été curieux de voir la saison de Paris avec une victoire aux dépens de l’OL ce soir-là.

Paris, encore, a décroché un succès heureux contre Auxerre (1-0, 15e journée) : un penalty avait été accordé à Niculae avant que Mr Enjimi ne se ravise et siffle coup-franc. Erreur, la faute avait bien eu lieu dans la surface.

Des penalties, les arbitres en ont offert six à Lille sur sept journées, entre la 13e et la 19e. Les Dogues, largués après dix journées de championnat, partaient ensuite systématiquement avec un but d’avance. Une certaine idée du confort, non ?

Je me souviens aussi de la victoire marseillaise à Monaco (2-1, 24e journée). Guy Lacombe avait explosé de rage après la rencontre, reprochant à Said Enjimi ses décisions douteuses : un pénalty (justifié) sifflé en faveur de l’OM, mais deux fautes oubliées dans la surface pour l’ASM.

Montpellier n’est pas en reste. Contre Bordeaux les Héraultais ont connu des fortunes diverses avec les arbitres : au match aller, remporté 1-0 à la Mosson par les Girondins, il y avait faute sur Costa avant le but de Jussie. Mais au retour (1-1 à Chaban-Delmas), Mr Bré a accordé un coup-franc imaginaire aux Pailladins en toute fin de rencontre. Costa a pris sa revanche en égalisant dans le temps additionnel. Samedi soir, contre Monaco (0-0), nouvelle erreur : le but de Souley Camara était valable.

Vers un classement en 3D ? 1, 2, 3 : OM, OL, et Bordeaux - 4 : Lille - 5 et 6 : Auxerre et Montpellier  

Ca commence à faire beaucoup. Je ne sais pas, ou je ne dis pas, si les arbitres avantagent certaines équipes au détriment des autres. Pas question, non plus, de réécrire le championnat au gré des coups de sifflets suspicieux. C’est impossible et inutile.

Mais une chose est certaine. Si on arrive au soir du 15 mai avec ce classement en trois dimensions : 1, 2, 3- OM, OL, Bordeaux (peu importe l’ordre), 4- Lille, 5 et 6- Auxerre et Montpellier (peu importe l’ordre, là encore), j’en connais beaucoup qui se frotteront les mains et pousseront un ouf de soulagement.

Ajoutons la qualif’ du PSG en Europe via la coupe de France, et la Ligue + la Fédé auront obtenu ce qu’elle voulait, et cela tient en deux mots : suspense et Big Four ! Les petits clubs ? Parfaits dans leurs rôles de trouble-fêtes, gênants mais pas trop, et finalement à leur place, c’est à dire nulle part.

Personnellement, ce scénario-là, précisément, me rendrait très amer.

La vidéo, enfin !

Ah, la vidéo : au rugby, en quelques secondes, tout le monde sait avec certitude (dans 98% des cas) si le joueur a bien aplati le ballon, si son pied est sorti en touche, s’il y a eu en-avant, ou passage à vide.

Jamais l’Ovalie ne s’est aussi bien portée que depuis l’instauration de l’aide technologique à l’arbitre. Le public se régale, les médias en redemandent, personne ne se sent floué. Et, sincèrement, pour les adeptes de la mauvaise foi, le rythme des matches n’est aucunement brisé par les interruptions.

Le football peut toujours rêver : les penaltys sifflés à bon escient, les buts hors-jeu refusés, ceux valables accordés, la certitude d’un ballon ayant franchi la ligne, ce n’est pas pour demain. Mais à moins d’être totalement rétrograde ou grabataire, comme les vieux dinosaures de l’International Board, comment s’opposer durablement à cette évolution nécessaire au football professionnel ?

C. Dr.

Commentaires (1)

1. tortue geniale du 72 05/04/2010

c'est vrai que ca devient chiant les arbitres qui se plantent chaque semaine... tjrs les petits clubs qui se font avoir. la vidéo !la vidéo ! la vidéo !!!!

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site