MHSC - Bordeaux : la piquette ou le grand Cru

Mercredi soir il n’y aura plus que Montpellier pour contester l’hégémonie naissante de Bordeaux, ce géant plus tout à fait en sommeil, mais pas encore bien réveillé. Si les Girondins s’étirent au saut du lit, ça ne les empêche pas de tout renverser sur leur passage. La progression se veut constante : 15e en 2005, 2e en 2006, 6e en 2007 puis encore 2e en 2008, 1er en 2009, serein en 2010… Voici pour la L1. En coupe, les Girondins sont sortis vainqueurs du trophée des Champions en tant qu’outsider de l’OL en 2008, puis en favori face à Guingamp cette saison. La victoire en coupe de la Ligue a scellé un joli doublé, en mai dernier.

Même en Europe, Bordeaux avance : éliminé en poule de la Ligue des Champions l’an dernier, le club aquitain a appris. Cette saison, Bordeaux a battu la Juventus et le Bayern Munich trois fois sur quatre (plus un nul à Turin, 1-1). Signe fort : même déjà qualifiés, et avec une équipe B, les Bordelais ont laissé le Macccabi Haïfa se lamenter sur son sort. Privés des miettes lors d’un dernier match remporté 1-0 par l’équipe au Scapulaire, les Israéliens n’ont pas fait un pli.

Cette semaine Bordeaux fut un rouleau compresseur qui a gagné ses trois matches 1-0. Ce n’est pas exactement le fruit d’un bienveillant hasard. Avec le succès à Gerland (but de Chamakh, photo), les hommes de Laurent Blanc ont mouché à distance Montpellier, qui rêvait d’une « finale » de Ligue 1. Relégués à quatre points, les Héraultais, malgré une performance à Toulouse (1-0), ne pourront prétendre dépasser leurs adversaires directs au classement mercredi soir. Pas encore, du moins, car les protégés de Louis Nicollin posséderont toujours un match de moins que le leader (le 13 janvier à Monaco).

Car Montpellier, cette saison, s’est rapidement délesté de son accoutrement de promu pour assumer le costume d’un dauphin aussi surprenant que crédible. Les Pailladins ont deux points d’avance sur Lille, 3e, avec deux matches de plus à jouer ! Lors de la seconde partie du championnat, ils accueilleront huit de leurs onze concurrents directs du haut de tableau (OM, Auxerre, Lorient, Valenciennes, Rennes, Lyon, Toulouse et Monaco) pour seulement trois déplacements en terre hostile (Bordeaux, Lille, Paris). Et ils ont désormais l’avantage de recevoir « deux fois deux fois », cette semaine (Bordeaux puis Nancy, mais à huis clos) et au cœur de l’hiver (Auxerre puis Valenciennes).

Son style de jeu imprégné de la culture espagnole, en 4-3-3, ne surprend plus personne mais compense plus que jamais les carences physiques (relatives) des petits gabarits montpelliérains. Les appels incessants déclenchés aux quatre coins du terrain déstabilisent les blocs adverses trop figés, trop statiques.

Dimanche, Toulouse pensait avoir trouvé une solution en plaçant Machado plus haut dans le but de gêner le maître à jouer du MHSC, Romain Pitau. Il a fallu dix minutes à Emir Spahic (photo) pour comprendre le stratagème et sauter le milieu de terrain.

D’une ouverture de 50m, le défenseur Bosniaque a étalé sa palette technique pour trouver Camara, auteur d’un but « Marco Van Basten 1988 ». Mathieu Valverde, dans le rôle du portier Soviétique Rinat Dassaev, n’avait pas encore touché le moindre ballon sous ses nouvelles couleurs qu’il devait déjà en ramasser un dans les filets du Stadium. Dur…

Tout sourit actuellement à Montpellier, comme à Bordeaux. Même le tirage au sort de la Coupe de France. Les Girondins recevront Rodez et devraient poursuivre leur vaste entreprise de démolition. Les Héraultais se rendront à Grenoble et, même s’ils ne le crieront pas sur tous les toits, pourront se fendre sans honte d’une petite défaite pour se focaliser à 100% sur un championnat qui deviendrait alors l’ultime objectif du club.

En attendant, ce Montpellier-Bordeaux qui s’annonce aurait pu, ou dû être un duel opposant, pour la première fois dans l’histoire de la Ligue 1, deux frères dans chacun des buts. Cédric Carrasso, transfuge de Toulouse, dans celui des visiteurs, et Johann, son frère cadet, chez les locaux. Malheureusement, sur un penalty arrêté contre Strasbourg en mai (lire Montpellier, un club à part), ce dernier s’est blessé pour six mois. Les deux frangins ne se disputeront donc pas la suprématie des gardiens à La Mosson, et c’est toujours Jourdren qui préservera les buts du MHSC.

Mais à travers les destins croisés de Laurent Blanc, Jean-Louis Gasset et René Girard, il sera bel et bien question de retrouvailles. A suivre…

Cédric DROUET

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