MHSC - Bordeaux : Laurent Blanc et Montpellier

Laurent Blanc est un futur sélectionneur de l’équipe de France respecté. Blanc est un homme du terroir, fidèle à ses engagements, à ses convictions, à un adjoint, Jean-Louis Gasset, avec lequel il exporte à merveille la « culture Montpellier » en terre girondine. Laurent Blanc est un homme intelligent dont la faculté d’adaptation se résume en une phrase : c’est un Cévenol né à Alès, qui s’est imposé à Montpellier à 18 ans, avant de s’y incruster pendant sept saisons consécutives. Franchir le Vidourle pour passer ainsi du Gard à l’Hérault, avec succès, suffit à classer le personnage.

Blanc n'est d'ailleurs pas insensible à ce retour aux sources : "Revenir à La Mosson, c'est bien, même si le stade n'a plus rien à voir. La Mosson que j'ai connu, avec les tribunes en bois et la Butte, ça n'existe plus. Cela prouve l'évolution du club depuis vingt ans. J'espère que Montpellier s'installera durablement en L1. En tout cas, pour Jean-Louis Gasset et moi, c'est particulier, notre histoire a commencé ici"

Sur le terrain, sa facilité technique et son sens aiguisé du jeu l’ont canonisé meilleur buteur de toute l’histoire du Montpellier-Hérault (84 buts) avant de reculer au poste d’arrière-central où il s’épanouira vraiment. Il signe un doublé Coupe-Championnat avec Auxerre en 1996 puis devient champion du Monde en 1998 avec son compère Marcel Dessailly et les latéraux Lizarazu et Thuram. Un quatuor défensif qui ne connaîtra jamais la défaite, pas une seule fois, en équipe de France.

Laurent Blanc est une éponge qui a su profiter de ses années à Naples, Barcelone, Manchester, ou Milan pour s’imprégner des principes de jeu, de la rigueur, de l’exigence, de la gestion de groupe et des innovations tactiques des plus grands Maîtres comme Sir Alex Ferguson, Johan Cruyff, Marcelo Lippi… « J’ai toujours eu des grands joueurs sous mes ordres. Laurent Blanc est un grand joueur, un très grand joueur. Mais c’est surtout un type bien » avait déclaré Ferguson à propos du Président en 2002. Des mots simples. Mais dans la bouche du sorcier Ecossais, ils pèsent si lourd...

 

Laurent Blanc est un coach admiré et les louanges dépassent allégrement le cadre de nos frontières hexagonales. Il a ponctué sa première saison sur un banc par une seconde place avec Bordeaux, avant d’enchaîner par un triplé Championnat-Coupe de la Ligue-Trophées des Champions.

Mais Laurent Blanc est avant tout quelqu’un d’honnête. Un jeune coach qui a reçu une proposition de… Montpellier, en fin de saison 2007, pour venir sauver une formation au bord du précipice. A quatre journées de la fin, les Montpelliérains, largués en queue de peloton de la Ligue 2, n’avaient quasiment aucun espoir de maintien. Appelé au chevet pailladin, Blanc a fait du Blanc. Il a pesé le pour, le contre. Puis, ne se sentant pas prêt, a décliné. On connaît la suite, Courbis est arrivé, a remporté les trois derniers matches et a fait remonter Montpellier en Ligue 1 deux ans plus tard.

Honnêteté intellectuelle, lucidité professionnelle

Certains dirigeants du MHSC ont observé une forme de lâcheté chez Laurent Blanc. Ses détracteurs ont vu d’un mauvais œil le choix de ne pas secourir son club formateur à l’agonie pour prendre en mains la destinée d’un Bordeaux plus tranquille. Il est vrai que Blanc fut d’abord placé sur pilotage automatique grâce à l’excellent travail effectué en amont par Ricardo, son prédécesseur au Haillan. D’autres proches de Louis Nicollin, au contraire, ont loué une honnêteté intellectuelle et une lucidité professionnelle qui lui ont permis de refuser un défi trop intense pour le coach inexpérimenté qu’il était.

 

Que serait-il advenu si Blanc avait repris l’équipe héraultaise, en mai 2007 ? Et si Blanc avait sombré en National avec le MHSC… Aurait-il brisé sa carrière avant même de la commencer ? Montpellier serait-il aujourd’hui un club oublié, amateur, malgré son riche passé européen, à l’image de Reims ? L’Histoire ne se réécrit jamais. Laurent Blanc n’est pas celui qui a sauvé Montpellier en 2007, même si ce chapitre-là du Livre aurait été magnifique. Et son adjoint en Gironde, Jean-Louis Gasset, était l’entraîneur héraultais en début de saison 1999-2000, date de la seconde relégation du MHSC en deuxième division.

Mercredi soir, les deux hommes retrouvent La Mosson. Et sans aucune rancœur, promis, de la part des Montpelliérains envers le binôme bordelais. Rien que du respect. La preuve, avec ces propos du Président Blanc : "Il y a beaucoup de choses à Montpellier. De l'émotion, de l'affection. Il y a beaucoup de gens que je connais, dans le staff. On s'apprécie et on le sait. On a pas besoin de s'avoir tous les jours au téléphone, où de se voir. Pas besoin de grandes marques d'affections, quand on se voit ça se sent, ça nous suffit".

Mais Laurent Blanc de conclure, comme un rappel à l'ordre : "On y va quand même pour gagner". Sur le terrain, l'amitié passe toujours après...

Cédric DROUET

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