Caen, Le Havre, Nantes, des relégués à la fête

Caen, Nantes et Le Havre se traînaient en queue de la L1 en mai dernier. Cinq mois plus tard, ils trustent le podium de la L2 avec une déconcertante simplicité. Les joueurs du Calvados viennent de battre Sedan (3-1) tandis que les Havrais s’imposaient à Dijon (2-1). Il est rare de voir après huit journées les trois relégués aux premiers rangs. Il y a deux ans, si Nantes avait tout de suite repris l’ascenseur, Troyes et Sedan s’étaient effondrés.

Aujourd’hui les Aubois évoluent même en… National. L’an passé ce sont les Lensois qui ont pris le bon wagon, pendant que ses deux homologues, Metz et Strasbourg, ne parvenaient pas à remonter illico presto en première classe. Strasbourg peut s’en vouloir : les Alsaciens avaient engrangé cinq succès consécutifs en début de championnat. Finalement ils manqueront la montée d’un seul petit point, après une défaite à Montpellier lors de la 38e journée (2-1, dont un penalty raté de Cohade). Aujourd’hui Montpellier est 3e de Ligue 1 alors que Strasbourg est 20e et bonnet d’âne de l’antichambre de l’élite, avec 3 malheureuses unités. Incroyable !

Le destin de joue parfois a peu de choses. A part quelques grosses cylindrées à priori à l’abri d’une sortie de route, la frontière entre une saison de rêve et une année de cauchemar tient souvent à un fil. Entre une bonne trentaine d’équipes, L1 et L2 confondues, le niveau est parfaitement homogène.

A ce petit jeu, le promu Boulogne est passé maître dans l’art de provoquer la chance. Largué pour la montée à trois journées de la fin l’an passé, une victoire polémique face au cousin lensois (0-1, 37e j.) a permis à la ville chère à Franck Ribéry d’accéder à la première division. Une trajectoire qui aurait pu épouser la spirale inverse. Un an plus tôt, en mai 2008, Boulogne avait battu Niort à l’ultime seconde de la 38e journée. Une victoire qui avait condamné Niort à la descente en National et qui avait laissé Boulogne en deuxième division. In extremis.

Actuellement troisième de L1, avec un effectif renforcé mais pas fondamentalement transformé, le Montpelliérain Geoffrey Jourdren explique : « En Ligue 1, le jeu est moins dur, il y a plus d’espaces. Mais ça va beaucoup plus vite qu’en L2. Le rythme est plus élevé. Pour un gardien les sollicitations sont moins fréquentes par exemple, mais il faut être à 100% sur chaque arrêt sinon tu le paies cash ».

Ainsi, pour son baptême du feu, lors de la 1ère journée, une frappe lointaine de Makélélé avait surpris Jourdren et l’opportunisme de Giuly avait fait la différence. « Les joueurs ont une grosse expérience. Chaque rencontre exige un gros niveau de concentration sinon, on peut très vite se noyer ». Ce qui explique également qu’une équipe comme Montpellier, très joueuse, ait tant galéré pour s’extirper des affres de la Ligue 2.

Aujourd’hui, son style et son 4-3-3 audacieux ont conféré, en Ligue 1 un « matelas précieux de points », dixit le coach héraultais René Girard. A l’inverse, Boulogne et Lens, au système de jeu plus restrictif, qui comptent surtout sur le réalisme d’un avant-centre (Thil ou Eduardo), ne parviennent pas à enchaîner les bonnes performances (16e et 17e).

Caen, Nantes, et Le Havre doivent donc prier pour poursuivre leur chevauchée. Car si l’on sait quand on descend en L2, on ne sait jamais quand on remonte. Pour Montpellier cela a pris cinq ans (2004-2009). On a par exemple jamais revu Laval en première division, relégué en 1990, après avoir pourtant connu l’euphorie d’une épopée européenne.

(Photo : Caen-Le Havre, une affiche désormais estampillée Ligue 2)

Tout comme le mythique Stade Brestois du président Yvinec, dans les années 80. Symbole d’un foot à papa aujourd’hui révolu, avec les anciennes gloires françaises Ginola, Lama, Pardo, Martins, Le Guen ou Makélélé. Mais aussi de prestigieux internationaux, Roberto Cabanas, Gérard Busher, Julio Cesar, Higuain père ou l’Argentin vainqueur de la coupe du monde en 1986, José Luis Brawn. Même le légendaire portier albiceleste, Sergio Goycoecha, est passé par le Finistère. Relégué administrativement en 1991, Brest n’a pas saisi la transition du foot-magouille au foot-business.

Comme bien d’autres au début des années 1990 : le Toulon de Rolland Courbis, 5e en 1988 (Ginola, Xuereb, Dib, Paganelli, Olmeta, Pineda, Meyrieu, Anziani) se débat aujourd’hui en CFA, pendant que le FC Cannes de Luis Fernandez, 4e en 1991, 6e en 1994 (Zidane, Vieira, Asanovic, Micoud, Luccin), prend des bains de boue hebdomadaires en National. Car les places sont chères. De plus en plus.

Les errements financiers, administratifs et sportifs ne sont plus permis pour les clubs (le FC Sète, en Ligue 2 en 2006, fut relégué en DH en juillet dernier). Tôt ou tard la sanction tombe. Nantes, champion de France pré-Lyon (2001), 17e en 2005, 14e en 2006, 20e en 2007, l’a appris à ses dépens. A trop jouer avec le feu, on se brûle.

Après, il faut remonter vite, en surfant sur la vague des droits TV qui allouent un budget avantageux aux formations reléguées pendant un an. Ainsi on ne sait plus vraiment si Caen et Le Havre sont des clubs de L1 ou e L2. Depuis 15 ans, ces deux équipes sont les champions... du yo-yo.

Caen est descendu en 1995, 1997, 2005, 2009. Le Havre est descendu en 2000, 2003, 2009. Caen est remontée en 1996, 2004, 2007. Le Havre est remonté en 2002 et 2008. Et en 2010 ?

Une vie entière passée dans l'ascenseur. Au risque, un jour, de subir une panne irréversible.  

Cédric DROUET 

 

Commentaires (2)

1. Niortais79 15/10/2009

Boycotteur !!!

2. cedric 15/10/2009

merci a havrais76 et niortais79... on fai ckon peu c de tete tout ca alors d fois la memoire flanche nobody's perfect

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