Metz et Arles, favoris du sprint final

Une fois n’est pas coutume, parlons de la Ligue 2, laissée pour compte avec tout ce suspense à l’étage du dessus. Hier, la journée a failli rendre un verdict quasi définitif pour la montée. Failli seulement, car Metz, en position de force à 21h30, ne l’était plus à 22h.

Les Grenats semblaient installés sur des rails grâce à un but précoce de Cardy (2e). Mais Sedan a égalisé à la 90e par Le Moigne. Scénario similaire en Normandie : au Havre, la partie était terminée depuis une bonne demi-heure. Arles-Avignon, mené 1-0 à la 88e minute, a joué le remake de Manchester – Bayern 1999 pour inscrire deux buts aux 89e et 90e minutes et s’imposer 2-1 à Jules-Deschaseaux.

Du coup, pour la 3e place, on est passé en quelques instant de Metz 51 points – Arles 46 points, à Metz 49 (38 bp, 33 bc) – Arles 49 (38 bp, 34 bc). Les Messins ont une nouvelle fois été saisis par la peur de gagner, un vertige qui les tétanise systématiquement depuis six matches déjà  (5 n, 1 d) !

L’an dernier, ils avaient connu une mésaventure analogue en abandonnant successivement leur place de dauphin de Lens puis celle de troisième au profit de Montpellier et Boulogne sitôt les premiers bourgeons apparus. Cette saison, Metz n’a jamais vraiment occupé le haut du tableau, à part début 2010 à la faveur de l’effet Wiltord et deux ou trois victoires consécutives. Depuis c’est Moselle, morne plaine et le printemps ne réussit décidément pas aux Lorrains.

Pour Arles, en revanche, l’espoir refleurit après un hiver désastreux : 0 victoire entre le 1er janvier et le 28 février. Un homme incarne cette résurrection à merveille, il s’agit du petit André Ayew, fils de la vedette ghanéenne de l’OM dans les années 1990, Abedi Pelé. Pelé qui a pris l’habitude de refourguer ses progénitures sur le Vieux-Port. Jordan joue actuellement à Marseille (1 but décisif contre Lorient en décembre) tandis qu’André y a fait ces classes avant un passage chez les Merlus et donc un transfert en Arles.

Hier, Ayew a inscrit un doublé au Havre, au meilleur moment, celui où on ne l’attendait plus. Au propre comme au figuré puisqu’Ayew n’avait marqué qu’un seul but depuis le début de saison.

Le voilà qui triple son capital en deux minutes. On serait tenté de dire qu’Arles-Avignon à les clés de sa réussite en main, d’autant que le promu rhodano-vauclusien reçoit Guingamp lors de la prochaine journée, alors que Metz se rend à Clermont. Seulement, juste après, il y a ce duel qui se profile à l’horizon entre les deux prétendants : un Metz-Arles à Saint-Symphorien (34e j.) importantissime. Saluons déjà l’exploit du Petit Poucet, emmené par un coach excellent qui fait des miracles depuis deux ans : Michel Estevan.

Tout en haut, Caen gère, comme toujours. Un bon nul à Tours permet aux Normands de garder leurs distances avec Brest, victorieux à Vannes (2-0). Cinq points d’écart séparent les deux formations et pour les Bretons, avec 58 points, ça sent bon la remontée presque vingt ans après leur dernière saison en L1.

Après deux décennies d’errance, la nouvelle génération des Elana, Poyet et Socrier fera-t-elle enfin oublier celle des Eighties, emmenée par le farfelu président Yvinec (Le Guen, Ginola, Lama, Martins et quelques grands noms : Goycoechea, Brown, Julio Cesar ou Cabanas). Dans le Finistère, on aime bien vivre sur son passé et il n’est pas simple pour les jeunes joueurs de se frayer une place au soleil dans les cœurs des fidèles de Francis-Le Blé.

Il ne faudrait pas enterrer trop vite le S. Club Seven (Angers, Nîmes, Dijon, Clermont, Le Havre, Tours et Laval) du 4e au 12e, qui se tiennent en deux points (45 – 43). Ces sept équipes pointent à six points du duo Metz-Arles et l’une d’entre elles pourrait coiffer tout le monde sur le poteau, en cas de gros sprint final. Montpellier avait réalisé ça l’an dernier, on connaît la suite. Les Héraultais, lâchés début avril (cinq points de retard sur le 3e, Strasbourg) trustent maintenant un autre podium, celui de la L1.

En queue de peloton, rien n’est joué. Strasbourg et Nantes, longtemps ballotés, semblent à l’abri. Cinq formations devraient lutter pour un maintien vital en L2. Istres, Châteauroux, Vannes, Guingamp se tiennent en deux points. Et juste derrière, à une unité, surgissent les Corses de Bastia, qui sont revenus de l’enfer.

Condamnés début 2010, les Bastiais ont tout lâché. Vainqueurs contre Angers (3-1) hier, ils peuvent légitimement croire à un sauvetage in-extremis. A condition de ne pas se croire arrivés. L’année dernière le Reims de Luis Fernandez avait entamé une remontée identique au classement, sortant même de la zone rouge l’espace de deux journées. Mais les Champenois avaient finalement replongé en fin d’exercice.

Dans ce gruppetto,  Guingamp aura droit à un petit bonus, contre Nantes, lundi soir. Mais tout indique que les cinq cancres devraient restés soudés au fond de la classe, près du radiateur, jusqu’à la dernière journée. Dans cette optique, le Bastia – Istres de la 38e journée aura peut-être un caractère décisif. Et explosif. Rendez-vous le 14 mai pour les enseignements définitifs…

Cédric DROUET

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