OL - OM (5-5) : On s'en souviendra !

 

OL - OM, 5-5

8 novembre 2009, stade de Gerland, Lyon.

Olympique Lyonnais et Olympique de Marseille, 5-5.

Buts : Pjanic (3e, 1-0), Diawara (11e, 1-1), Govou (14e, 2-1), Cheyrou (44e, 2-2), Koné (47e, 2-3), Brandao (79e, 2-4), Lisandro Lopez (81e, 3-4, et 84e sp, 4-4), Bastos (90e, 5-4) et Toulalan (92e csc, 5-5).

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Une piste aux étoiles, une pluie de buts, Canal + a diffusé du rêve en barre, hier soir, à ses abonnés. Quel cadeau, 25 ans, jour pour jour, après le premier match proposé en direct par la chaîne cryptée, un certain Nantes – Monaco  (1-0).

Ce Lyon – Marseille est une cerise tombée à pic sur le gâteau que Canal paye à la LFP plus de 600 millions d’Euros annuels. Symboliquement, ses dirigeants n’avaient convié que des spectateurs nés en 1984 pour assister à cette soirée, qu’ils ne savaient pas encore légendaire, sur le plateau du Canal Football Club. Facebook n’existera plus depuis bien longtemps, que ces jeunes raconteront encore à leurs petits-enfants comment Toulalan trompa Lloris au bout d’un temps additionnel qu’on espérait infini.

 

Car 5-5 est un score que même les cinquantenaires actuels n’avaient jamais connu en Ligue 1 (*). Eux se souviennent sans doute, en revanche, du mythique Marseille-Forbach, un soir d’avril 1963, disputé au Vélodrome devant la plus faible assistance de l’histoire phocéenne en première division : 434 spectateurs officiels. Sur le Vieux Port, on raconte que des milliers de Marseillais prétendent aujourd’hui exagérément avoir vu la rencontre dans le stade.

Hier, ils étaient 30 018 à Gerland. Dans plusieurs décennies, bercés par ce charme fou qu’a la mémoire collective de déformer les vérités et embellir les souvenirs, ils seront des millions, place Bellecour, à déclarer : « J’y étais ». L’espace de deux heures, Lyon l’austère, Lyon la délaissée médiatique, Lyon la pragmatique s’est hissée dans l’excès de Marseille l’exubérante. Une nuit bouillante a rapproché deux villes que tout oppose par l’un de ces irrationnels mystères que seul le foot pourrait élucider, peut-être.

 

Les deux équipes n’auraient pas pu faire plus, ni mieux, pour inscrire ce match dans l’histoire. Les vingt-deux acteurs ont échappé au diktat des considérations tactiques pour se partager deux points fabuleux. L’intensité dramatique du combat d’hier relégua le Haye-Valuev de samedi au rang de simple baston de cour de récré. Il coupa le souffla le même jour qu’un Chelsea - Manchester à se couper les veines d’ennui, dans une comparaison atroce : si l’on éditait deux DVD de ces sommets respectifs, OL-OM plongerait inéluctablement la Premier League anglaise dans la pénombre d’un rayon « polars de Série B ».

Ce matin, dans un élan mondial qui commémore le vingtième anniversaire de sa propre chute, le mur de Berlin repose en paix, dans l’ombre de l’actualité sportive, irradiée par un OL-OM de feu. Didier Deschamps, épisodiquement métaphorique, a beau déplorer la faiblesse des deux défenses par la fermeture « des péages sur l’axe Lyon – Marseille ». Pour ceux qui ont l’habitude de l’emprunter, jamais l’A7 n’aura aussi bien porté son surnom « d’Autoroute du soleil »…

 

Cédric DROUET                    

(*) Le dernier en date remonte à Nice – Lille 1957. 

Les observations en vrac

 

- Marseille qui marque cinq fois à Gerland, Marseille qui mène de deux buts à Gerland, à dix minutes de la fin, Marseille qui revient trois fois au score à Gerland. « Tout ça pour ne prendre qu’un point à la sortie », comme le dit Fabrice Abriel. Qui a dit que le sens de la mise en scène des Marseillais s’était atténué ces derniers temps ?

 

- Lyon qui marque cinq buts à l’OM, Lyon qui revient de l’enfer pour, finalement, terminer un genou à terre. Lyon qui, pour une fois, ne gagne pas à la fin. Lyon qui fait dans l’émotion ! Quelqu’un à acheté le plus grand rêve de Jean-Michel Aulas et lui a accordé toute une soirée pour le vivre éveillé.

- 5-5 à six jours d’Irlande-France : c’est certain, le match des gardiens Lloris-Mandanda a vraiment dû rassurer Raymond Domenech.

-  C’est bien beau ce 5-5 entre les deux Olympiques pour le classique du championnat de France de Foot. Mais cette saison, en Top 14, le sommet du rugby entre les deux Stades, Toulouse et Paris, s’est fini sur un match nul 9-9 autrement plus prolifique en points ! Alors, c’est qui les plus forts, hein ?    

 

Le match de Canal +

- Hot trick  

Grégoire Margotton : "Margarita, la veuve de Robert Louis-Dreyfus, est montée jusqu'à la capitale des Gaules".

- Le président qui a son BAFA

Jean-Claude Dassier : "Voila, mon job, c'est ça : animateur de l'équipe".

Le diaporama

 

"J'ai joué à l'OM mais là-bas tout le monde me déteste. A chaque fois que j'y retourne ces ignares de Province me sifflent. Bon, Lyon, c'est le concurrent de Bordeaux. Je vais quand même pas les supporter.

Et sur Canal +, ils me dézinguaient dès qu'ils diffusaient un de mes matches, en me faisant passer pour une pleureuse. Et une fois, j'ai même dû tirer la langue en réponse à ces journalistes de L'Equipe, qui me trouvaient nul. Aujourd'hui ? Ils publient mes chroniques. 

Je vais vous dire : si on décernait une palme d'or au mec qui se demande le plus ce qu'il fout là, je deviendrai un p... de winner !" 

 

 

 

 

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