Un derby de feu

 Lyon 1 - 1 Saint-Etienne

But pour Lyon : Lisandro (77e), but pour Saint-Etienne : Rivière (38e)

Rarement enthousiasmant ces dernières saisons (à l'exception du 3-2 palpitant en 2005), et souvent joué d'avance, ce classique du championnat a cette fois tenu toutes ces promesses. Les voisins lyonnais et stéphanois ont proposé un duel engagé et enthousiasmant. Le coach des Verts, Christophe Galtier, avait eu la reconnaissance - et la malice - de féliciter un à un les héros de Madrid avant la rencontre. Hommage sincère ou entreprise de déstabilisation ?

Deux hypothèses justifient le début de rencontre de Lyon : la suffisance ou la fatigue. Mais les lyonnais n'ont pas fêté la qualification en Espagne. Et hier, ils ont fini très fort, signe que les jambes étaient au rendez-vous. Il faut donc croire que Lyon n'était pas tout à fait redescendu de son nuage et a pris son rival de haut en première période. Un peu comme à Boulogne il y a huit jours d'ailleurs. Les Verts ont eu le mérite d'en profiter.

Il faut dire que l'attitude des Lyonnais a bien aidé : Cissokho et Réveillère à l'abordage, il ne restait que Lovren et Cris pour résister aux fulgurances stéphanoises en contre. Saint-Etienne se régalait. Surtout son quatuor offensif. Bergessio, l'attaquant Argentin croquait la feuille sur un excès d'individualisme (10e). Sa frappe mettait ensuite Lloris à contribution (25e). Le portier international repoussait sur Rivière, seul à trois mètres du but. S'il avait voulu, l'espoir stéphanois aurait pu contrôler la balle, attendre deux secondes, jongler et marquer de la fesse gauche. Mais il s'est trop précipité et a manqué le cadre. Incroyable. Partie remise ?

 Au milieu, Payet multipliait les numéros. Mention spéciale à Sako, intelligent, clairvoyant, rapide et puissant. Bergessio choisissait enfin la solution collective et déposait une offrande sur la tête d'un Rivière qui ouvrait le score, enfin (39e). Infiniment mérité, comme l'égalisation de l'OL à un quart d'heure de la fin, signé Lisandro de la tête. Auparavant, Janot avait effectué deux parades de classe mondiale face à Toulalan et Lisandro, déjà. Lyon poussait et Toulalan, encore, trouvait la transversale sur une tête à bout portant (85e). Les deux formations se partageaient finalement les points au terme d'un match mémorable qui aurait mérité le prime time du dimanche soir sur Canal +.

Pour une fois, l'OL et Saint-Etienne se quittaient bons amis lors d'un choc qui pèse dix-sept titres de champions de France. Les Verts s'en contentent, auteurs seulement de deux nuls sur les dix derniers rendez-vous contre le voisin honni. Mais la satisfaction sera tout de même teintée de quelques regrets. Car les Foréziens n'ont plus gagné le derby depuis seize ans, et rarement ils auront été aussi proches d'y parvenir. Et dire que cette équipe pointe actuellement au 17e rang de la L1, en position de premier non-reléguable...

Cédric DROUET

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