Clasico OM-PSG : Heinze, Cisse, Abriel, les anciens de la Capitale

1° Les deux amours de Gabriel Heinze

Longtemps, il fut considéré comme le meilleur arrière gauche du championnat, sous les couleurs parisiennes. Luis Fernandez, jamais à court d’imagination quand il s’agit de découvrir de nouveaux talents, va le chercher en 2001 au Real Valladolid. Très vite, « Gaby » s’intègre, s’impose comme une des icônes du Parc des Princes.

Il effectuera au PSG les trois saisons les plus pleines de sa carrière de joueur, avec chaque année près de quarante matches au compteur. Indéfectible, indéboulonnable dans son couloir, Heinze est réputé pour jouer des coudes. Il devient celui que les adversaires de Paris adorent détester. Qu’importe, le Parc n’a d’yeux que pour son Gabriel, un visage d’ange aux tacles démoniaques.

Il participe à la série de huit succès consécutifs du PSG sur l’OM entre 2002 et 2004. Au Vélodrome, il joue quand Leroy et Ronaldinho infligent aux Phocéens la plus cuisante correction de ces trente dernières années, 0-3 en 2003. Il récidive l’année suivante avec le but de Fiorèse dans les arrêts de jeu (0-1), sous l’ère Halilhodzic. Quand il quitte la Capitale pour Manchester, les cœurs brisés de la tribune Auteuil pleurent son départ. Il jure par tous les Dieux qu’il reviendra à Paris, finir sa vie de footballeur.

Car Heinze aime les Come-back. Il retourne en Espagne, à Madrid, pour porter les couleurs du Real en 2007. Puis les sirènes marseillaises eurent raison de ses promesses l’été dernier. Deschamps axe Heinze en charnière centrale mais le transfert est vécu comme une « trahison » par les supporters parisiens. Ceux-ci l’attendent déjà au tournant. De bouillantes retrouvailles à l’horizon.

 

Ce qu’il en pense :  « Je ne peux pas comparer. Pour moi, l’OM et Paris sont les deux plus grands clubs de France. J’ai vécu trois saisons exceptionnelles à Paris, et je ne suis ici que depuis quelques semaines. Mais vendredi, je serai 100% marseillais. Je suis comme ça, toujours concentré sur mon métier, le foot. En ce qui concerne le PSG, c’est un club instable. Il change de dirigeants chaque saison alors qu’à mon époque, Canal+ décidait de tout. C’est dommage, Paris mérite mieux ».

 

2° Edouard Cissé, l’éternel retour ?

  

Normalement, Cissé ne devrait plus porter les couleurs du PSG. Normalement… Car entre lui et Paris, c’est un peu « je t’aime, moi non plus ». Le milieu récupérateur affrontera vendredi un club qu’il a suivi autant qu’il a fui dans sa carrière. Pourtant, c’était écrit, en 1998, le Julien Sorel palois débarquait pour conquérir la Capitale. Une première saison, courte (11 apparitions), avant un premier prêt à Rennes, gâche un peu la fête.

Mais « Doudou » revient en grâce au PSG un an plus tard. Il devient un pilier, disputant une centaine de rencontres en trois saisons, dont 14 sur la scène continentale. Problème : Edouard Cissé endosse le costume du joueur doué mais pas franchement travailleur. Lymphatique, technique, polyvalent, si polyvalent que ses coaches successifs peinent à lui trouver une place.

Après un an en Angleterre (prêté à West Ham), Deschamps le prend sous son aile à Monaco en 2004. Cissé se redécouvre au poste de récupérateur où ses grands compas font merveille. Il brille dans l’entrejeu monégasque et se régale au cours d’une épopée européenne qui le conduit en finale de la Champion’s League (0-3 contre Porto). Mais la bande à Deschamps rompt le pacte. Dès l’été, Evra, Giuly, Morientes, quittent le navire. Rothen et Cissé en font autant, direction… Paris.

Pour la troisième fois, le gentil rebelle défait son sac dans les vestiaires du Camp des Loges. Trois ans tumultueux en coulisses mais sportivement réguliers (près de quarante matches en moyenne par saison). Au Parc, il inscrit même un but exceptionnel face à Marseille, en 2005. Une frappe violente qui trouve la lucarne d’un Fabien Barthez ahuri. C’est également Cissé qui permet à Kalou d’ouvrir le score contre… Marseille, en finale de la coupe de France 2006 (victoire 2-1 du PSG). Avant un énième congé, à priori définitif, à destination de la Turquie (Besiktas).

Cette saison, à Marseille, il retrouve un Didier Deschamps toujours aussi protecteur à son égard. Une aubaine, car Cissé est un affectif qui a besoin de sentir la chaleur d’un entourage de confiance pour avancer. Peut-être que Paris n’était pas fait pour lui, après tout.

 

Ce qu’il en pense : « Il faudra faire abstraction de tout ce qui s’est passé, avec ces cas de Grippe A, et les incidents à Marseille. Même si c’est un match particulier et que la pression sera là. Tout va être mis en place pour que soit l'affiche que tout le monde attendait. »

 

3° Fabrice Abriel, le joyau

Le natif de Suresnes (92) fait partie de ces joueurs qui entretiennent le mythe des anciens pensionnaire du PSG devenus bourreaux une fois de retour au Parc des Princes, sous d’autres couleurs. Avec Lorient, il s’y impose deux fois en début de championnat (1-3 en 2008, et 2-3 en 2007), et inscrit même un but l’an passé, malgré un revers 3-2.

Si le club de la Capitale lui réussit bien, c’est parce qu’Abriel a une histoire commune avec. Formé à Paris, en compagnie de son grand ami, un certain Nicolas Anelka, Abriel n’y a jamais obtenu sa chance. Barré par les talents conjugués d’anciennes gloires du Parc (Benarbia, Arteta, voire Laurent Robert), comme par les impostures qui n’ont pas exactement marqué l’histoire du club (Yanovski, Ducrocq, Domi, Distin, Vampeta…).

Au final, ni Philippe Bergeroo, ni Luis Fernandez n’opteront pour ce jeune pétri de qualités. Amiens, Guingamp s’ensuivront dans une longue traversée du désert en seconde division, au sein de laquelle il disputera plus de deux cents matches. Avant que Christian Gourcuff ne le recrute, et le fasse exploser en L1, à Lorient. Abriel s’épanouit dans une formation bretonne qui privilégie le beau jeu et le geste juste. Deschamps le sait, et lui offre la chance de sa vie professionnelle, à trente ans : un transfert à l’OM qui ne se refuse pas.

Parti pour faire le nombre selon certains observateurs, dans un effectif gargantuesque, Abriel s’impose finalement comme un titulaire quasi-indiscutable dans l’esprit du coach olympien. L’ex-futur prodige du PSG affiche même un bilan honorable (deux buts), complété par quelques prestations de haute facture, comme lors du 5-5 à Gerland (trois passes décisives). Le Paris Saint-Germain est prévenu : Fabrice Abriel entend bien briller à nouveau face à son club formateur !    

 

Ce qu’il en pense : « Vous avez pu constater que j'ai toujours marqué et posé problème à Paris, que ce soit au Parc où ailleurs. Vendredi, je jouerai donc de la même façon, avec la même intensité. Bien sûr j'ai des amis là-bas, mais quand on se retrouve sur le terrain, la seule chose qui compte c'est le maillot qui est sur nos épaules et les trois points à la clef. »

Cédric D. et Marion B.

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