4e j. : Nice-Montpellier (0-3) - Les Montpelliérains désintègrent Nice

NICE - MONTPELLIER (0-3)

Buts pour Montpellier : Dernis (5e), Montano (49e), Compan (77e).

Expulsion : Apam (80e).

Le match :

Il y en a pas eu. Montpellier a prouvé en cinq minutes, trois occasions franches et un premier but, une supériorité dans tous les domaines : technique (Dernis, Costa et Montano), physique (Marveaux, El Kaoutari) et tactique (Pitau, Dzodic).

"De nos jours, l'équipe qui s'empare du cœur du jeu, le milieu de terrain, ne peut pas laisser filer une rencontre", répète à l'envi un autre ancien montpelliérain légendaire, Laurent Blanc. Comme face à Paris, Lorient et Sochaux, Montpellier a confisqué le ballon à des Niçois qui se sont échinés à courir après, pour rien. Dernis d'une astucieuse pichenette, trompait d'abord Ospina (1-0).

Montano l'imitera rigoureusement en seconde période après avoir brisé les reins de Cid d'un maître grand pont. L'attaquant colombien se jouait ensuite de son compatriote d'un piqué magistral (2-0).

Puis Marveaux centrait sur Compan au deuxième poteau, esseulé. Ce dernier fusillait le portier des Aiglons sans autre forme de procès (3-0).

Les gestes du match :

- 11e : Une-deux d'école Costa-Montano, conclu par un extérieur du pied gauche de l'Argentin. Ospina se détent pour éviter le 0-2.


- 56e : le coup franc de Ben Saada de 25 m qui prend la direction de la lucarne et oblige Jourdren à une claquette de haut vol.

Les anti-gestes du match :

- 58e : La bombe agricole des supporters montpelliérains. Au même endroit, il y a 3 ans, le 29 octobre 2006, Anthony Roko, jeune pompier volontaire de vingt ans, avait perdu deux doigts arrachés par un pétard similaire jeté de la tribune des fans marseillais. La connerie n'a pas de mémoire.

- 4e : La tête en retrait de l'ancien Parisien, Laris Mabiala, qui bénéficie à Dernis sur le premier but. Merci qui ? Merci Paris...

- 79e : La frappe complètement ratée de Poté qui se transforme en passe décisive pour Mouloungui, qui se heurte à Jourdren.


Le Top 5 des raisons à cause desquelles Nice descendra en fin de saison

1- Un manque d'hospitalité flagrant : Le stade du Ray est surement le seul endroit d'Europe ou l'on expulse manu militari tous les supporters adverses, jusqu'au dernier.

2- Un effectif pas franchement homogène : Un jour où l’autre, Loïc Remy partira en dépression, quand il se rendra compte qu’il a fini le match avec pour partenaires d’attaque Habib Bamogo, Eric Mouloungui et Mickaël Poté.

3- Julien Sablé, un homme de défis : c’est sa spécialité, il descend en Ligue 2 et remonte en L1 dans la foulée avant de se casser du club. Il a déjà fait le coup à Lens et Saint-Etienne. C’est écrit : Sablé et Nice descendront en 2010, remonteront en 2011 et puis il signera à Marseille, sa ville natale, en 2012. Histoire de finir sa carrière sur un maintien assuré pépère…

4– Olivier Echouafni, leur milieu défensif, est né en 1972… Faut pas déconner, même Makélélé est plus jeune que lui ! A cet âge là, ce ne sont pas les ballons qu’il tente de récupérer, c’est son souffle.

5– La filière africaine : Nice a eu la bonne idée d’acheter 1 Nigérian (Apam), 1 Congolais (Mabiala), 4 Ghanéens (Quartey, Quansah, Adu, Asamoah), 1 Gabonais (Mouloungui), 3 Maliens (Diakité, Bagayoko, Traoré), 1 Tunisien (Ben Saada) et 2 Ivoiriens (Fae, Coulibaly). Apparemment, la cellule de recrutement de l’OGCN a oublié qu’on joue la CAN (Coupe d’Afrique des Nations) cette année. Conséquence : en janvier-février, Nice, à court de joueurs, déclarera forfait général.

Les minutes

La minute journal du Hard de René Girard : « Ca fait des points, je suis satisfait. Si on peut se faire un petit oreiller pour nos soirées moins heureuses, on ne va pas se priver ».

La minute dépressive de Didier Ollé-Nicole : « C’est une soirée cauchemardesque. Aucun joueur n’a évolué à son niveau. Il y a eu trop de lacunes individuelles, on a été en dessous de tout. Tout a été tellement négatif qu’on ne pourra jamais faire pire »

La minute Loulou Nicollin de Loulou Nicollin : « Je ne vais pas dire qu’on a jonglé Nice, parce qu’on sera jonglés un jour, mais bon… Ces supporters m’ont gaché mon plaisir. Enfin, ce sont pas des supporters, c’est des grosses merdes. Mais les journaux de ma région vont s’en emparer, ça va faire du bruit. On va choper les trois ou quatre cons qui ont fait ça et les interdire de stade. Ppfffff… Tout ça pour montrer qu’ils sont pas des suceurs de Marseillais. Pourtant je peux vous dire qu’on a jamais sucé les Marseillais. D’ailleurs si on peut les niquer le 19 septembre, putain, je serais heureux, pardi ».

Le diapo

Les "spécial dédicaces" des footballeurs au signe de l’éclair inventé par Usain Bolt, ça devient franchement n’importe quoi…

Les notes

Nos deux envoyés spéciaux se sont amusés à noter, à chaud, les joueurs montpelliérains. Puis, nous avons comparé le verdict à celui de L’Equipe, quotidien national neutre, et celui du Midi Libre, journal régional plus partial envers une équipe qu’il couvre chaque jour. Les résultats sont intéressants…

Jourdren : 6,5

Le rempart : une claquette sur le coup franc de Ben saada, un arrêt réflexe devant Mouloungui (voir ci-dessus), peu de travail pour le gardien du MHSC, mais du travail bien fait.

Note de L’Equipe : 6. Note du Midi Libre : 6,5.

Dzodic (c.) : 9

La force tranquille : s’il avait marqué, on lui aurait mis 10. On retiendra son tacle désespéré pour sauver sur la ligne un but de Rémy. Il y a aussi cette intervention sur la feinte de centre-crochet de Rémy, dans laquelle Dzodic n’a pas mordu. Impérial dans toutes ses interventions, avec un autre ballon sauvé devant son but, il a tutoyé la perfection 90 minutes durant.

Note de L’Equipe : 6. Note du Midi Libre : 8.

El Kaoutari : 7


Le novice : très bon pour sa première en Ligue 1. Remplacer Spahic, proclamé indispensable par les dirigeants pailladins, incluait une certaine pression. Mais le jeune montpelliérain n’a jamais failli en suppléant Dzodic et réduisant Bamogo et Mouloungui au silence.

Note de L’Equipe : 6. Note du Midi Libre : 7.

Yangambiwa : 4,5

Le dilettante : il a oublié Rémy dans son dos comme il avait oublié Davies, deux fois, face à Sochaux. Ses errements et sautes de concentration auraient pu couter cher à Montpellier, malgré un impact physique certain qui avait par exemple cadenassé Sessegnon contre Paris au premier match. Sa jeunesse ne doit pas excuser ad vitam æternam un rendement moyen. D’autant qu’il n’apporte pas autant que Jeunechamp offensivement.

Note de L’Equipe : 6. Note du Midi Libre : 6.

Jeunechamp : 5,5.

Le gestionnaire : sur le premier but, il prend le ballon à Rémy puis le dribble, et relance du gauche sur Belhanda. Ce mouvement amènera l’ouverture du score. Incisif d’entrée de jeu, il a joué sur sa valeur, en gérant tranquillement sa seconde période, s’économisant après le second but.

Note de L’Equipe : 6. Note du Midi Libre : 6,5.

Pitau : 7.

L'élégant : A un moment donné, il faudra bien se rendre compte que Pitau est dans le coup sur quasiment tous les buts inscrits dans le jeu par le MHSC depuis le début de saison. Ce fut le cas encore hier sur le premier (tacle rageur devant Bamogo) et sur le deuxième (passe décisive pour Montano). Ses ouvertures longues distances chirurgicales font merveille. 

 

Note de L’Equipe 7. Note du Midi Libre : 7.

 

Marveaux : 6,5.

 

Le Diesel : quand tous les autres piochent, lui continue de cavaler comme un dératé. Il avait déboulé à la 94e contre Sochaux pour offrir une solution à Dernis sur le second but. Samedi, la fusée Marveaux a une nouvelle fois décollé sur son côté droit pour donner un amour de passe décisive à Compan, à la 77e. Impressionnant sur la durée, il a réussi 30 des 32 passes qu’il a tentées.

 

Note de L’Equipe : 5. Note du Midi Libre : 6,5.

 

Costa : 6.

 

La grinta. Il n’a perdu qu’un seul ballon, sur 94 joués, record du match. Plaque tournante du MHSC, son ouverture de 45 m est à l’origine du premier but… Comme d’habitude, dans tous les bons coups, Tino.

 

Note de L’Equipe : 7. Note de Midi Libre : 7.

 

Dernis : 6,5.

 

Le nonchalent. Il vient d’effectuer, sur deux matches cumulés, ses 5 plus belles minutes de sa vie de footballeur. Une passe décisive pour Ait Fana à la 94e contre Sochaux, et un but dès la 4e à Nice. Enfin percutant, sur un côté droit qu’il n’avait jamais fréquenté à Montpellier, Girard ayant préféré jusqu’à présent l’utiliser à gauche.

 

Note de L’Equipe : 6. Note du Midi Libre : 6,5.

 

Belhanda : 5,5.

 

L’insouciance : il a caressé le ballon de deux extérieurs du pied droit pendant l’action qui amena le premier but. Puis sur le second, il est à la genèse du mouvement grâce à un contrôle orienté magique et un tir enroulé repoussé par Ospina sur Costa. Peu de ballons touchés (33, plus faible total du match), mais souvent bien utilisés.

 

Note de L’Equipe : 5. Note du Midi Libre : 6,5.

 

Montano : 8.

 

La persévérance. Muet depuis douze matches et une défaite à Nîmes (1-2) qui remonte à la préhistoire, le Colombien a enfin retrouvé le chemin du but. Pas faute d’avoir tenté. A Lorient il manque une immanquable balle de 1-3 sur une pichenette trop présomptueuse. Contre Sochaux une autre pichenette, celle-ci plus opportune, heurtera le poteau de Richert.

Puis Samedi, il a d’abord du se croire maudit sur son coup franc dévié par la transversale. Mais il se délivra en seconde période, par un but tout en puissance (grand pont sur Cid) et en toucher (piqué sur Ospina).

 

Note de L’Equipe : 6. Note du Midi Libre : 7.

 

Les observations en vrac

 

-          Le premier carton rouge du championnat pour Jeunechamp face au PSG, la première commission de visionnage de l’année pour Spahic à Lorient, la première polémique sur les mains dans la surface contre Sochaux, puis le premier incident grave en tribunes à Nice. 

 

Comme si la trucculence du président Loulou Nicollin ne suffisait pas...

 

Cette saison, qu’on se le dise : les Montpelliérains sont prêts à tout pour qu’on remarque qu’il sont enfin remontés en première division !

 

-          Sachant que le PSG a prêté son deuxième arrière gauche, Larris Mabiala, à Nice.

 

Sachant que Nice a vendu a Montpellier Cyril Jeunechamp, son meilleur arrière gauche.

 

Sachant que le néo-Niçois Mabiala a offert sur un plateau le premier but au néo-Montpelliérain Dernis, d’une vilaine tête en retrait…

           

 Quel est le cocu de l’histoire ?

 

Les mauvais titres que L’Equipe n’a pas faits (cette fois-ci)

 

-          La Promenade des Aiglons

 

-          Pétaradants Montpelliérains

 

-          Le stade du Ray mis (Rémy) à sac…

 

-          Montpellier, c’est de la bombe !

 

Cédric DROUET

 

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