Montpellier - Lens 1-0 : Le MHSC dans l'ombre... médiatique

 

En direct du stade de La Mosson 

Montpellier – Lens 1-0

But : Costa (39e sp).

Spectateurs : 16 793.

Le match

Peu spectaculaire, comme les autres rencontres de cette journée. Comme toujours après la trêve internationale, les équipes cherchent un souffle nouveau contrairement aux idées reçues qui affirment que tout le monde est en forme après quinze jours d’arrêt et qu’on va assister à 45 buts par journée.

N’oublions pas que si les attaquants sont en pleine possession de leurs moyens, les défenseurs aussi. Sauf que les automatismes des premières encablures du championnat doivent revenir. Samedi soir, Montpellier a donc construit son succès en mode poussif mais cohérent.

Montpellier - Lens 1-0 

(Pour visionner le résumé, cliquez sur la  vignette)

Un penalty de Costa a débloqué comme souvent la situation. Derrière, Spahic a dominé les débats. Au milieu, la triplette nordiste Milovanovic-Kovacevic-Hernach s’est fait manger.

Tableau noir

A Montpellier, le schéma de jeu 4-3-3 à la Lyonnaise est gravé dans le marbre : Soit Pitau, impressionnant de précision,  joue long sur les ailiers (Dernis et Ait-Fana, ou Belhanda quand il joue), qui provoquent. Soit Costa ou Marveaux perforent dans l'axe, tout en technique pour l'un, en puissance pour l'autre.

Dans l'axe, Montano se régale des brèches créées par ses copains, comme samedi lorsqu'il a obtenu ce précieux penalty. Sur coup de pied arrêté Dzodic et Spahic montent et peuvent marquer (deux buts pour le Bosniaque. Dzodic a eu une grosse occasion contre Sochaux). Le plus souvent le Serbe s'aventure sur les coups francs, tandis que Spahic se réserve les corners.

Il n'est pas rare, également, de voir les latéraux monter, comme dans les grandes équipes (Evra à MU, Alves au Barça), apporter le surnombre. Samedi, dans ce domaine, Yangambiwa s'est montré monstrueux. L'an passé en L2 Sabo et Bocaly le faisaient beaucoup. Cette saison, Jeunechamp gère plus son physique et monte un peu moins.

Excepté l'ancien Nîmois, cela fait donc neuf joueurs qui participent, de manière directe et dans la verticalité, au jeu offensif pailladin. Peu d'équipes en L1 possède un tel arsenal. 

Le sujet qui fâche !

Cinq journées et toujours pas de véritable « buzz » Montpellier-Hérault. Les grands médias de la L1 continuent de boycotter - à juste titre ? – la présence des Pailladins en tête du classement, qu’ils lisent d’ailleurs entre les lignes.

Régulièrement, en effet, le MHSC n’est même pas mentionné, sacrifié sur l’autel d’un « Big four » made in France, rêvé, fantasmé depuis tant d’années. Sur Canal Football Club (C+), Hervé Mathoux a déclaré dimanche : « Le PSG fait une mauvaise opération avec cette défaite à Monaco. Lyon a gagné, Bordeaux a gagné, Marseille aussi, tous les gros se sont imposés ».Le classement sous les yeux, pas un mot pour le promu, pourtant 3e.

Daniel Riolo, le chroniqueur de RMC, n’a même pas écrit le terme « Montpellier » sur son blog sur Eurosport de la 4e journée, après le succès à Nice (0-3). Je le cite  dans son papier intitulé « L’OM ne bouge pas Bordeaux » : « derrière le célèbre gros 4, les underdogs Lille, Rennes et Toulouse ont ramé. »

Cette semaine, dans son nouvel article « Paris lâche prise », il consacre enfin dix lignes au club cher à Louis Nicollin. « Montpellier ? Je croyais que ‘était la blague de l’été, mais ça dure. Vous me direz que la saison n’est pas encore terminée mais ça reste plutôt pas mal ».

Tino Costa ? « Il est quand même impressionnant. Dans le jeu, je n’irai pas jusqu’à dire que c’est un cador mais avoir un tel tireur de coups francs dans son équipe, c’est un méga atout ! Cà mérite que j’approfondisse le dossier ». On allait justement lui conseiller.

Le pire avec ces mecs, c’est que si Montpellier fait un coup au Vélodrome, samedi prochain, ce qui n’est franchement pas à exclure, il y en aura toujours qui se feront mousser en proférant sur tous les toits qu’ils l’avaient annoncé. Je ne supporte pas ces types qui détiennent la vérité absolue de l’instant sans jamais avoir vu jouer la Paillade. Si Marseille gagne : « Je l’avais annoncé, Montpellier ne pouvait pas durer ». Si Montpellier ne perd pas : « Je l’avais annoncé, Montpellier pouvait le faire ».

Mais vous n’avez pas tout vu, ni lu. Pierre Menes, sur son blog yahoo, a consacré quasiment deux feuillets à la L1 cette semaine. Et sur les Héraultais ? Deux lignes en bas de page : « Je terminerai ce post sur le très beau début de saison de Montpellier et de son étonnant Argentin Costa. Pour un promu en quête de maintien, prendre 11 points en 5 matchs, c'est un trésor de guerre inestimable. »

On a franchement l’impression de se trouver au supermarché, avec les produits d’appel en tête de gondole, à hauteur des yeux, qui appellent à la consommation (OM, Paris, Bordeaux Lyon pour ceux qui ne captent pas la métaphore) et la sous marque tout en bas, qu’on ne peut attraper qu’en se baissant au risque de se faire une triple hernie discale.

Le maintien ? Sérieusement ? Objectivement c’est insulter René Girard et son effectif qui, je vous l’écrit dès aujourd’hui, se maintiendront sans même trembler avec – au minimum – 55 points…

Pour en finir avec cette croisade médiatique, il faut s’intéresser à L’Equipe dont la position est ambigüe. On le sait, chat échaudé craint l’eau froide. Le quotidien s’est donc fendu de sa traditionnelle double page sur « le gros 4 » la semaine dernière, après la 4e journée. En éjectant Montpellier de sa Une, mais pas de son analyse. Il y a avait (en bas de page bien sûr) un petit papier sur les protégés de Girard.

Depuis, d’autres ont fleuri notamment sur Costa, Spahic, ou Montano. On sent L’Equipe soucieux de redorer son peu flatteur blason : en effet dans son « guide » de début de saison, au matin du premier match, le journal ne plaçait même pas Costa, titulaire indiscutable, dans l’équipe-type du MHSC cette saison. Une erreur compréhensible car l’Argentin, suspendu, ne jouait pas le premier match face au PSG. Mais le journaliste aurait pu regarder les compos de l’an dernier pour s’apercevoir que Costa ne manquait jamais un match.

Le même jour un autre papier consacré aux futures probables révélations de la L1 nous demandait de suivre un jeune bosniaque de 18 ans, Emir Spahic. En réalité Spahic a 29 ans et il est capitaine d’une sélection quasiment qualifiée pour les barrages du mondial. Si ce même Spahic avait signé à Marseille, nul doute que cette coquille ne se serait pas insidieusement glissée ainsi… 

Voilà. Je regrette juste qu’une nouvelle fois tous ces grands médias ne profitent de Montpellier en L1 que pour jeter des coups de projecteurs permanent sur le bedonnant et suinteux président Nicollin.

1.-Reportage sur l’indéfectible amitié Nicollin-Martel (L’Equipe, Midi Libre, Jour de foot le même jour, ça frôle l’indigestion).

2.- Un résumé de match vécu « dans la peau » (et surtout la loge) « de Loulou » (Canal Football Club).

3.- Le nabab transpirant invité de Stade 2 (deux fois).

4.- Le gouailleur Nicollin sur tous les fronts après les jets de pétards à Nice : « On est pas des suceurs de Marseillais, d’ailleurs si on peut les niquer les 19, on va pas s’en priver ».

Ok. Face caméra, micro Open, il a toujours une connerie à sortir notre bon Loulou. Et ça fait plaisir de le voir heureux comme ça après cinq ans au purgatoire de la Ligue 2, à ronger son frein et garder ses sous. Mais bon les joueurs mériteraient une couverture médiatique un peu plus axée sur leur style et moins sur ses frasques, à mon sens.

Même s’il faudra d’autres coups d’éclat et beaucoup plus que cinq journées de L1 pour savoir où se situe le réel potentiel du club héraultais.

Mais pour ma part, je ne découvre ni Spahic ni Costa : et je n’attendrai pas que le premier joue la champions league sous le couleurs de Manchester City et le second avec le FC Séville dans un an ou deux, pour vous dire que Montpellier-Hérault tient-là deux vedettes. Des futures stars de l’accabits des Julio César, Valderrama, Asanovic, Ziober, Stoikovic, Cantona, Paille, Blanc, Suvrjin, ou Guérin, pour ceux qui se souviennent encore de l’épopée européenne de 1991.

Je l’aurais annoncé ! ;-)

Cédric DROUET

 

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