T'as voulu voir Vesoul...

Et on a vu Vesoul. Son escouade d'amateurs, sa pelouse givrée, ses ballons oranges. Il aurait été plus judicieux de départager les deux équipes par une bataille rangée de boules de neige. Même si, avec sa déveine du moment, Paris l'aurait certainement perdue.

La FFF, soucieuse de ne plus déroger au calendrier, a maintenu la partie. De son trip dans l'Est, le PSG a donc ramené une qualification sereine. Antoine Kombouaré a parlé "de soulagement", Robin Leproux de "confiance" avant le match de samedi, pas si loin que ça, à Nancy. Le président parisien avait d'ailleurs fait part d'une "obligation de résultat" avant Vesoul.

Dans le contexte "d'état d'urgence" miné par quatre revers consécutifs en L1, les Parisiens savourent davantage l'économie d'une humiliation que le regain de confiance. Car le succès d'hier contre la CFA de Haute-Saône ne jouit d'aucun crédit. Surtout si Paris vient à sombrer en terre lorraine ce week-end.

Les joueurs de la capitale ont donc ficelé exactement le même scénario que contre Aubervilliers en 32e (5-0) ou Evian-Thonon-Gaillard au tour précédent (3-1) : un but dans les vingt premières minutes contre une formation supposée plus faible, puis une gestion tranquille. Makélélé dénonçait récemment certains sénateurs au PSG. Sur le banc hier, le capitaine a eu tout le temps de conforter son opinion. Malgré la volonté du milieu vesoulien, et la technique de Djebaili, entré à l'heure de jeu, aucun ballon dangereux n'a flotté dans la surface parisienne.

Les visiteurs s'appuyaient sur les acquis d'un but précoce et tout en finesse de Ludovic Giuly (16e), servi par Sessegnon en profondeur. Seul en pointe, Etamé ne faisait pas le poids contre la charnière Camara-Sakho. En revanche, la deuxième période du PSG fut affligeante. Ce n'était même plus du pilotage automatique. Paris n'avait pas seulement mis le frein à main, il a carrément coupé le moteur et retiré les clés. Subissant, s'amusant presque d'une pression vaine des amateurs, la plupart du temps bloqués à quarante mètres du but d'Edel.

Sessegnon le multirécidiviste trouva tout de même le temps de se faire expulser pour un nouveau geste d'humeur qui lui coûtera Toulouse et peut-être Marseille. Certes, la faute de Paul, assez violente, comptait pour beaucoup dans le coup de sang du créateur béninois (71e). Mais ce fait de jeu ne troublait pas les hommes de Kombouaré. Paris attendait le coup de sifflet, la douche puis la conférence de presse pour pouvoir quitter Vesoul avec le sentiment du devoir accompli, sans plus. Par peur de se découvrir et se faire planter en contre, comme à Guingamp début janvier ? Peut-être.

Mais après ce match, le Schmilblick n'a pas avancé : les amoureux du PSG scanderont que Paris, qualifié, est encore "magique" avec une mauvaise foi assumée. Ses détracteurs s'indigneront d'une victoire au forceps sur la plus petite des marges. Les premiers savent pertinemment que Paris avait le niveau d'en mettre quatre, hier, et qu'il devrait avoir honte de ne pas l'avoir fait. Les seconds ont bien conscience que Paris a validé son billet en quarts sans trembler, malgré ce 1-0.

En fait, après avoir vu Vesoul, le plus inquiétant pour ce PSG-là est d'avoir affiché un niveau plus proche de celui d'Honfleur que de celui d'Hambourg.

Cédric DROUET

Commentaires (2)

1. Franck 11/02/2010

Je préfère de loin les pointes d'humour ici que celles que l'on peut trouver dans l'équipe...
bravo

2. bibine 10/02/2010

excellente chute

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