Un joueur en plus, vingt secondes de trop...

De nos envoyés spéciaux à La Mosson

 

Montpellier – PSG, 1-1.

 

29 312 spectateurs.

 

Buts : Giuly (71e) pour Paris ; Spahic (94e) pour Montpellier.

 

Expulsion à Montpellier : Jeunechamp (34e).

 

Le match

Alléchant sur le papier, décevant sur le terrain. Sans son gaucher Gaucho Tino Costa, meilleur passeur et prince des coups francs l'an passé, le promu montpelliérain connaissait l'ampleur de sa tâche. Avec un Montano peu en réussite, l'exploit s'éloignait encore plus. Car samedi, le Colombien n'a pas aimanté les ballons comme il le faisait en L2 l'an passé. L'intransigeance de l'arbitre Bertrand Layec, infligeant deux biscottes jaunes à Jeunechamp en 34 minutes, les espoirs pailladins de victoire s'envolaient presqu'irrémédiablement. Pourtant...

 Pourtant même à dix contre onze, Montpellier a fait trembler l'ogre parisien. Objectivement, le PSG ne s'est pas créé plus d'occasions (11 tirs contre 10) que son adversaire.

L'expulsion de Jeunechamp n'a pas fondamentalement bouleversé le résultat d'un match qui sentait le 1-1 à des kilomètres, mais elle a changé la physionomie, incontestablement.

Verrouillée, la rencontre s'est débridée dans les vingt dernières minutes.

Sur un tir lointain de Makélélé, relâché par un Jourdren vraiment coupable dans les pieds de Giuly (0-1, 71e). Paris avait les armes pour enfoncer le clou. Mais à force de jouer les sénateurs, les Parisiens se voyaient administrer une leçon de courage estampillée MHSC. Montano dribbla Coupet, trop lent. Il redressa le ballon vers le but du PSG mais Bourillon sauva sur la ligne.

Ca sentait le hold-up parfait. Mais un Belhanda tout feu tout flamme tirait un ultime corner... La balle était déviée par Dzodic, traducteur officiel et nouveau meilleur ami d'Emir Spahic à Montpellier. La recrue star du mercato pailladin, capitaine de la Bosnie-Herzégovine, égalisait de la tête, au second poteau, malgré le retour d'un Greg Coupet encore trop lent (94e).

Stade en folie, liesse collective, Loulou Nicollin au bord de la syncope. Et une première gueule de bois pour le PSG.

 

Un geste dans le match

 

-         En début de rencontre, la défense montpelliéraine, encore naïve, paye pour apprendre : passe de Sessegnon dans le dos pour Luyindula. Comme une fusée, Spahic éteint ce premier feu en coupant la trajectoire d'un tacle impérial. Expérience...

 

Un antigeste dans le match

 

-         Le rasoir à quatre lames Cyril Jeunechamp qui prouve que son expulsion n'est pas - uniquement - due à sa réputation. Tacle agressif sur Giuly, vengeance par coup de pied sur ce même Giuly. A peine relevé, baffe sur Makélélé suivie de mots sans doute peu avenants au détriment de ce même Makélélé. Mais on était loin, alors on a peut-être mal entendu...

     

Le chiffre : 29 312

 

Pour mieux donner raison à tous les Rolland Courbis et Elie Baup qui prétendaient que Montpellier en Ligue 2 était une anomalie. 29 312 spectateurs et une deuxième place au classement des meilleures affluences de la journée, devant Rennes et Saint-Etienne. Juste derrière Bordeaux. La Mosson en août, c'est quand même plus sexy que Leon-Bollée ou Nungesser, non ?

 

Le joueur à suivre : Emir Spahic, le nettoyeur des surfaces

 

Le Bosniaque n'a pas tardé : 4e minute, un assassinat en règle sur Erding pour intimider le Turc. Sur l'action du premier carton jaune de Jeunechamp, c'est même lui qui aurait pu être sanctionné pour un tacle curling, glissé sur dix mètres, que Giuly évita de justesse. Sans doute par peur de perdre un genou, et on exagère à peine.

Spahic, c'est aussi quelques gestes fantasques : comme ses deux dégagements vrillés ou ce ciseau retourné inutile, après trois jongles du genou, dans l'axe d'une défense qu'il avait donc désertée. Giuly fut à deux doigts de profiter de l'aubaine.

Mais Emir Spahic, c'est surtout un guerrier qui tire tout un groupe vers le haut. Un défenseur central truqueur, rugueux, qui lit parfaitement le jeu et anticipe quasiment toutes les attaques adverses (voir ci-dessus). Et en plus, il marque : auteur du but égalisateur d'un coup de boule rageur, il eu alors la malice d'enflammer une Butte Paillade en ébullition. Adopté par Montpellier, Spahic, c'est l'assurance tout risque, le bourreau des avant-centres.

 

Le joueur à ne pas suivre : Mevlut Erding, le nouveau Kezman

 

Il a tout raté. Trop court sur un centre de Giuly... Trop long, seul devant Jourdren... Trop statique pour se procurer d'autres occasion. Paris s'est trouvé son nouveau Mateja Kezman. En moins adroit. Bon d'accord, en moins cher aussi.

Seule consolation, il a vécu son baptême du feu parisien comme un calvaire sans fin, à l'image de... Guillaume Hoarau l'an dernier, qui avait manqué son premier rendez-vous, à Monaco (0-1). Dès la deuxième journée, le grand réunionnais avait marqué face à Bordeaux et inscrit 17 buts dans toute la saison. Erding en fera t-il autant, dès samedi face au Mans ?

 

Les phrases

 

- Traumatisme cranien : "On va refaire des têtes à l'entraînement". Greg Coupet, gardien du PSG.

 

- Typhon géant : "C'est une toute petite alerte". Claude Makélélé, capitaine du PSG.

 

- Zoologie : "Honnêtement, cette équipe du PSG ne casse pas trois pattes à un canard". Louis Nicollin, président du Montpellier-Hérault.

 

Les observations en vrac

 

-         On avait peur que le fantôme de Landreau ne hante Grégory Coupet. Raté, c'est celui de Claude Barrabé (*) qui planait sur la Mosson. Du coup, c'est le pauvre Jourdren qui a trinqué...

 

-         Certains "supporters" ont un peu vite blamé Jourdren pour sa "cagade". C'est dur parce que s'il avait pas eu un réflexe de folie à la dernière seconde de la dernière journée devant Strasbourg et Traoré en mai dernier, Montpellier aurait fait cinq ans de plus en Ligue 2. Et ça, faudrait pas l'oublier...

 

-         C'est à n'y rien comprendre : normalement, quand Koumbouaré est là, les buts désicifs de la tête, sur coup de pied arrêté, à la 94e minute, c'est le PSG qui les met. Parlez-en au Real Madrid de 1993....

 

Cédric D. et Marion B.

(*) En 1991, en quart de finale retour de coupe d'europe des vainqueurs de coupes, à La Mosson, le gardien Montpelliérain Claude Barrabé a commis une bourde spectaculaire en relachant un tir lointain de Blackmore, l'attaquant de Manchester United. Une erreur devenue légendaire à Montpellier, qui provoquera en partie l'élimination du club (1-1, 0-2).

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